Auteur : Dans l’oeil d’une flâneuse Bretonne….

  • PATRICE CUDENNEC

    PATRICE CUDENNEC

    J’ai découvert Patrice Cudennec dans une petite chapelle de Bretagne où il exposait ses toiles , quelle émotion !

    Ces pêcheurs, la tête inclinée, le regard emprunt d’humilité et de douceur, ce bleu d’outremer que j’aime tant, ces maisons bretonnes aux formes convexes, la tendresse débordante de ces toiles font de Patrice Cudennec un artiste à part. J’aime sa façon poétique de nous parler de la bretagne !

    Je suis retournée souvent dans cette petite chapelle pour admirer ces petits pêcheurs si émouvants et j’en garde un souvenir précieux .

     

    DSC00027 (1)

    DSC00037DSC00034DSC00040

  • Lydia Padellec

    A voix basse

    « Je me jette dans la nuit, dans la crainte du voleur de poème. Comme un corbeau, la nuit étend ses ailes, dissimule les sourires sous les cailloux. Mais avec mes mots, j’allume la lune dont les rayons tracent mon chemin. »

    Lydia Padellec

    DSC00030

    Pierre et poussière

    « D’une pierre je rebâtirai ma maison d’enfance. Elle s’élèvera comme un menhir, solide face au vent. Et sur la table en bois de la mémoire se déposeront les poussières de mots soufflés par mes ancêtres. »

    DSC00774

    Née en 1976 à Paris, « Lydia Padellec » est poète, haïjin, plasticienne. Passionnée par les livres d’artistes, elle a créé en 2010 les éditions de la Lune bleue consacrées aux poètes et artistes contemporains. Plusieurs publications en revues (Poésie/première, N4728, Incertain regard, Terre à ciel, Cairns, Mouvances…) et anthologies en France et à l’étranger. Ses derniers recueils parus : La maison morcelée (Le bruit des autres, 2011), La mésange sans tête (Eclats d’encre, 2012) et Sur les lèvres rouges des Saisons (éditions de l’Amandier, 2012). http://surlatraceduvent.blogspot.fr/

  • dahlia …dalia

    dahlia …dalia

    dsc00625
    Entrer une légende

       Trugarez  da Mamm !

    DSC00630

     

    À la mémoire de ma mère.

    Poète : Charles Le Goffic (1863-1932)

    Recueil : Le bois dormant (1900).

    Vois. Un ciel cuivré d’automne
    Et, sous ce ciel presque roux,
    Un bois léthargique et doux,
    Des fleurs, et la mer bretonne.

    Les fleurs vont mourir ; le bois
    Est gardé par une fée.
    Mais une plainte étouffée
    Déchire l’ombre parfois :

    La mer ! Sous sa rauque haleine,
    Le bois chante sourdement.
    — Mon cœur est ce Bois dormant :
    Écoute chanter sa peine.

  • Yann-Ber Kalloch

    Yann-Ber Kalloch

    JPC%20PERM%20KERMARIO

    Poème en breton sur la mer, de Jean-Pierre Calloc’h (1888-1917), suivi de sa traduction en français :                   

     

    ob_b87739_web-2

    AR MOR
    (Kan eun emzivad)

    Me da gar, o môr don,
    A iud evel eul lon
    Pa c’houez ar gorventen !
    Pa welan da c’hoummou
    0 tired a dammou
    Warzu d’am énézen !

    Me gar da c’huannaden
    0 tont war an aezen
    Beteg va wele-kloz,
    Hag ar soniou seder
    A gannez er pellder,
    En sioulder kun an noz.

    Hag ivez, d’ar c’hreiste,
    Me wel gant karanté
    An heol sklerijennus,
    Euz an oabren ledan,
    0 tol e sklerder-tan
    War da zour didrouzus.

    Me da gar, o môr glas !…
    Koulskoude, anken bras
    Teuz lakeet em c’halon :
    Meur a va zud karet
    Ganiz zo bet skrapet
    Hag a hun ‘na zour don.

    Pe leac’h maont, holl va zud
    Teuz-te lonket heb brud
    Gand da veg didrue ?
    Siwaz ! Du-ze, er mez,
    Baleet heb divez,
    Maont é leac’h oar Doue!

    Ha me gleffe brema,
    Gant va mouez ar c’hrenva
    Da viliga bepred !
    Hogen n’ellan, da vad,
    P’ha welan o lipat
    Réier m’énez karet.

    Me da gar, me da gar !
    Goaz z’é vid ma glac’har,
    Ma c’hreiz, tav da c’hirvoud!
    D’id ma c’halon, o môr !
    Ha, mar kwitan Arvor,
    Mervel a rinn heb out!

    1903.

    Yann-Ber Kalloc’h (dit Bleimor), 
    LA MER
    (Chanson d’orphelin)
    Je t’aime, ô mer profonde,
    Qui hurles comme une bête
    Quand souffle l’ouragan
    Quand je vois tes vagues,
    Courir, par tronçons,
    Du côté de mon île.
    J’aime ta plainte,
    Qui vient, sur la brise,
    Jusqu’à mon lit-clos ;
    Et les joyeuses sones,
    Que tu chantes dans le lointain,
    Dans la douce paix de la nuit.
    Et aussi, à midi,
    Je vois avec amour,
    Le soleil étincelant,
    Du haut du large firmament,
    Verser sa lumière de feu,
    Sur ton onde silencieuse.
    Je t’aime, ô mer bleue !
    Et pourtant dans mon coeur,
    Tu mis un grand chagrin :
    Beaucoup parmi mes parents chéris,
    Ont été emportés par toi,
    Et dorment dans tes flots profonds.
    Où sont-ils, tous les miens,
    Que tu avalas obscurément,
    De ta gueule sans pitié ?…
    Hélas! Là-bas, au large,
    Promenés sans fin par les vagues,
    Ils sont Dieu sait où !
    Et je devrais, à présent,
    En grossissant ma voix,
    Te maudire sans cesse,
    Mais, tout de bon, je ne puis,
    Quand je te vois lécher,
    Les rochers de mon île chérie.
    Je t’aime, je t’aime !
    Tant pis, ma douleur,
    J’étoufferai ton gémissement!
    A toi mon coeur, ô mer,
    Et si je quitte l’Armor,
    Je mourrai sans toi!

    Sur sa tombe:jpcalloch02

    Jehann Ber Kalloch

    Leshanuet Bleimor

    Gannet é Groé, 21 Gourhelen 1888

    Maruet, ofisour, er Brezel bras

    Etal Urvillers, 10 imbril 1917

    skrinet en des ur haer a livr :

    « Ar en deulin » Breihis,

    « pedet aveïton « 

    Jean-Pierre Calloc’h du nom bardique « Loup de mer » né à Groix le 21 juillet 1888 mort officier à la Grande Guerre auprès d’Urvillers, le 10 avril 1917. Il a écrit un beau livre: « A Genoux » –
    « Bretons, priez pour lui. »

     

    L’auteur: YANN-BER CALLOC’H (1888-1917)

    Né le 21 juillet 1888 sur l’île de Groix, au large de Lorient, Jean-Pierre Calloc’h, dit Bleimor, qui reste comme l’un des plus grands poètes Bretons, sent très tôt sa vocation poétique « Evid Doué ha Breiz » (pour Dieu et la Bretagne). Dès 1905, il adresse ses premiers poèmes aux revues Ar Vro de Taldir Jaffrennou et Dihunamb de Loeiz Herrieu.

    Du Grand Séminaire en 1905 à l’université à Paris jusqu’en 1907, Yann-Per Kalloc’h ne manque pas une occasion de faire usage de sa plume. Les revues littéraires mais aussi les journaux à vocation plus polémique deviennent les tribunes préférées du groisillon.

    Puis vint le service militaire de 1909 à 1911. Il demande à faire le cours des illettrés et le fait en Breton à quarante bretonnants. Il entretient toujours de nombreuses correspondances avec des militants et des journaux bretons. En outre, il s’affirme contre la statue de la Marquise de Sévigné que Charles Le Goffic veut ériger à Vitré. Il prend même la tête des partisans de Nominoë: « En voilà au moins un qui mérite une statue ! ».

    Puis arrive la guerre. Celui qui s’affiche comme si peu Français « Nen don ket Gal aveid ur blank » (Je ne suis pas Français pour un sou), endosse la vareuse militaire le 26 janvier 1915 à Lorient.

    Début 1917, Bleimor adresse la Prière du guetteur (Pedenn er gedour) à René Bazin qui en  publie la traduction dans l’Echo de Paris.

    « Je suis le grand veilleur debout sur la tranchée, Je sais ce que je suis et je sais ce que je fais ; L’âme de l’Occident, sa terre, ses filles et ses fleurs C’est toute la beauté du monde que je garde cette nuit. »

    Quelques jours plus tard, pendant le repas, un obus éclate à proximité du Lieutenant Calloc’h…Une voix poétique extraordinaire vient de se taire pour toujours. C’était le 10 avril 1917. Yann-Ber Calloc’h avait 28 ans.

     

     

    call_mai

    lais_bre

     » Mon cœur est dans la Basse-Bretagne — N’importe où est ce corps-ci, — Mon corps dont chaque membre est lassé. — Tout le jour, toute la nuit je crie : — Mon cœur est dans la Basse-Bretagne, — Mon cœur n’est pas ici. »

    Me halon zo é Breih-Izél

    Me halon zo é Breih-Izél
    Ne vern ‘men ‘ma er horv-man,
    Me horv skuih énnoñ peb ezél.
    Tro ‘n dé, tro ‘n noz é harman :
    Me halon zo é Breih-Izél
    Me halon n’é ket aman.

    Pariz, 1913

     À l’âge où l’on ne songe ni à tombe ni à pierre, — Ni au fleuve de la vie qui va si vite… — Au milieu de mon plaisir pourtant je suis inquiet :

    — Dieu mit la tristesse dans le cœur des Bretons.

     

    cou_dihu
     

     

    « Ô îles de la Grèce, îles de la Grèce, — dont les jardins sont si riches et le soleil éternel, — Entre toutes les îles vous êtes renommées, — Et les harpes d’or de mille bardes à travers le monde vous ont louées.

    Et cependant jamais je n’ai désiré aller vers vous, — Vivre en vous je ne pourrais ni pour argent, ni pour or, — Car mon cœur est là-bas dans les archipels pauvres, — Où l’on entend parmi les roches le saint langage des Celtes ! »

    (paru dans « A GENOUX »,   Plon-Nourrit et Cie, imprimeurs-éditeurs, 1921)

    Me ‘zo ganet e-kreiz ar mor

    1. Me ‘zo ganet e-kreiz ar mor,
    Teir leo er-maez
    Un tiig gwenn duhont am-eus,
    Ar balan ‘gresk e-tal an nor,
    Hag al lann ‘holo an anvez.
    Me ‘zo ganet e-kreiz ar mor,
    E Bro Arvor!
     

    . Va zad a oa ‘vel e dadou,
    Ur martolod!
    Bevet e-neus kuzh ha diglod
    Ar paour, ne gan den e globou!
    Bemdez, bebnoz, war ar mor blod
    Va zad a oa ‘vel e dadou
    Ur martolod!

    Va mamm ive(z) a labouras,
    Ha gwenn he bleo,
    Ganti ar c’hwez war hon talou,
    Desket am-eus bihanig-tra:
    Medi ha tenna avalou;
    Va mamm, ive(z) a labouras!
    D’hounit bara!

    1. Je suis né au milieu de la mer,
    A trois lieues au large!
    J’ai là bas, une petite maison blanche
    Le genêt pousse devant la porte,
    Et l’ajonc couvre le seuil!
    Je suis né au milieu de la mer
    Au pays d’Arvor
     

    Mon père était comme ses pères
    Un marin!
    Il a vécu dans l’ombre et sans gloire
    Le pauvre, personne ne chante ses hauts faits!
    Chaque jour, chaque nuit, sur la mer sans ride,
    Mon père était comme ses pères,
    Un matelot!

    . Ma mère aussi a travaillé,
    Et ses cheveux sont blancs,
    En sa compagnie, la sueur sur nos fronts,
    J’ai appris , tout petit:
    A moissonner, à arracher les pommes (de terre);
    Ma mère aussi a travaillé,
    Pour gagner (notre) pain!

    CIMG1290.JPGmor bras 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

         

       

     

     

     

     

     

  • à ciel ouvert… « dindan an oabl »,

    à ciel ouvert… « dindan an oabl »,

     

    « Si nous voyons le ciel tourner d’Est en Ouest, c’est parce que la Terre tourne d’Ouest en Est. » 

    « Mar gwelomp an oabl o treiñ a Reter da Gornôg, ez eo dre ma tro an Douar a Gornôg da Reter. »