L’histoire : C’est par le journal qu’a tenu Angelika, sa belle-sœur et amie pendant l’été 1945 que l’on va suivre l’histoire de Klara, rescapée d’Auschwitz. Le récit transcrit la parole de celle qui a vu, vécu l’insoutenable. Klara n’est plus que refus et indifférence à la vie. Elle ne peut se résoudre à rejoindre les vivants elle qui se considère comme morte, elle qui se sent coupable d’exister encore. Trop de limites ont été franchies. Klara rejette tout, l’étoile jaune qu’elle ne veut pas voir comme une faute transmise de génération en génération, sa langue maternelle, l’allemand, qu’elle ne peut plus prononcer. Elle refuse même de revoir sa fille de 3 ans mise au monde clandestinement avant sa déportation.

Extraits :
« A l’intérieur je ne suis que mort, j’ai un goût de mort, je pue la mort, pour longtemps encore, peut-être pour toujours. Les enfants le sentent. Je ne veux pas qu’elle renifle cette odeur qu’elle n’a pas encore eu dans le nez. «
« Comprenez. Je ne rejette pas ma fille. C’est moi que je rejette en dehors de sa vie à elle, pour sa vie à elle. »
« Moi morte, elle ne subit aucun abandon. C’est ce que je veux. »
Mon avis :
« Très tôt dans ma vie, j’ai voulu savoir pourquoi et comment une telle horreur était possible!!!! J’ai lu des ouvrages sur la shoah, beaucoup. Mais c’est en 2002 que j’ai découvert « Le Non de Klara » et c’est ce livre de Soizic Aaron, court récit qui m’a fait ressentir la plus forte émotion, la tristesse absolue face à la souffrance inimaginable de Klara ….
Comment survivre à l’horreur quand on se sent déjà mort ?
« Klara ne dit rien, ne mange pas, ne dort pas, déambule toutes les nuits, d’un mur à l’autre du salon, et refuse… »
Eveline56
Soazig Aaron est née à Rennes. Elle a travaillé quelques années dans une librairie parisienne et vit actuellement à la campagne.
Le Non de Klara est son premier récit publié.

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.