Ce fut long, difficile et triste De te révéler ma tendresse; La voix s’élance et puis résiste, La fierté succombe et se blesse.
Je ne sais vraiment pas comment J’ai pu t’avouer mon amour; J’ai craint l’ombre et l’étonnement De ton bel œil couleur du jour. Je t’ai porté cette nouvelle!
Je t’ai tout dit! je m’y résigne;
Et tout de même, comme un cygne, Je mets ma tête sous mon aile……..
Anna De Noailles
« J’ai aperçu un couple de cygnes sur l’étang, mirant leurs reflets majestueux dans l’eau,
Moment magique et silencieux, surtout ne pas les déranger..Clic Clac.. photos ..
Douce semaine à tous, prenez soin de vous, bises bretonnes
A bien regarder les nuages, On peut voir des milliers d’images, Fantastiques et irréelles, Éphémères, étranges, et belles. Un visage de vieillard, Ou un dieu menant son char, La mer et la montagne, Une coupe à champagne.
Puis les formes se fondent, En quelques secondes, Avant de s’étirer, En nouveaux clichés.
Un ange, un éléphant, Un cheval ou un paon, Un arbre, une chaumière, Un lit, une rivière.
C’est un charmant spectacle, Fait de petits miracles, Qui viennent et disparaissent, Comme quelques caresses.
Mais si je passe autant de temps, Les yeux au ciel et l’air absent, A observer les nuages, C’est parce que j’y cherche toujours la plus belle des images : Ton visage…….
Tout est dit dans cette magnifique poésie. Moi aussi, je passe du temps Les yeux au ciel et l’air absent, à observer les nuages », mon imaginaire s’envole……
Je vous souhaite une semaine de rêves, « la tête dans les nuages »………….
Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence. À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare. La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts. Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.
Extrait :
« Il y eut un signe.Un après-midi que Corentin harassé marchait les yeux crochetés au sol – cela rétrécissait l’horizon, il ne voulait pas regarder trop loin, trop loin cela l’effrayait, il n’y arriverait pas – un après-midi, il y eut une lumière au bout de ses chaussures. Et ce n’était pas une erreur, pas un mirage – mais un minuscule bout d’herbe qui avait émergé de la terre morte, et dont le vert faisait presque mal aux yeux tant la couleur avait disparu du monde. Il s’accroupit pour l’observer. Elle faisait peut-être deux centimètres. Il la toucha du bout du doigt, pour être sûr…………..
Mon avis:
« Ce livre est un choc pour moi, un coup de cœur.. Je regarde le vert des arbres, le bleu du ciel, je contemple la nature. Je savoure: le soleil, la pluie, le vent, une pomme, tout ce qui m’entoure… Lisez « et toujours les forêts » de Sandrine Collette et vous comprendrez!
Éveline 56
bises bretonnes
En 2015, je découvre un paysage apocalyptique lors de l’asséchement du lac de Guerlédan, situé dans le centre Bretagne….En lisant « et toujours les forêts« , je me suis souvenue de cette impression de fin du monde qui m’avait saisie à la découverte de la vallée engloutie!
Seule l’ombre des arbres qui s’étire sur ces vieilles pierres semblent donner de la vie dans cette vallée désertée… Pierre-Yves Nicolas
Le plus important dans la vie, mon garçon, c’est l’air pour respirer, c’est l’eau pure pour boire, c’est le lait pour se nourrir, c’est le temps pour bien le remplir. Mon garçon, parfois l’air s’appelle liberté, l’eau pure est synonyme d’amitié, le lait est pour tous ceux qu’on aime, la terre est un devoir, le temps est une conscience.
Alain Bosquet
Les mois de l’année
Janvier pour dire à l’année « bonjour » Février pour dire à la neige « il faut fondre » Mars pour dire à l’oiseau migrateur « reviens » Avril pour dire à la fleur « ouvre-toi » Mai pour dire « ouvriers nos amis » Juin pour dire à la mer « emporte-nous très loin » Juillet pour dire au soleil « c’est ta saison » Août pour dire « l’homme est heureux d’être homme » Septembre pour dire au blé « change-toi en or » Octobre pour dire « camarades la liberté » Novembre pour dire aux arbres « déshabillez-vous » Décembre pour dire à l’année « adieu, bonne chance. » Et douze mois de plus par an, mon fils, Pour te dire que je t’aime.
Alain Bosquet
Poème pour un enfant lointain Tu peux jouer au caillou : il suffit de ne pas bouger, très longtemps, très longtemps.
Tu peux jouer à l’hirondelle : il suffit d’ouvrir les bras et de sauter très haut, très haut.
Tu peux jouer à l’étoile : il suffit de fermer l’œil, puis de le rouvrir, beaucoup de fois, beaucoup de fois.
Tu peux jouer à la rivière : il suffit de pleurer, pas très fort, pas très fort.
Tu peux jouer à l’arbre : il suffit de porter quelques fleurs qui sentent bon, qui sentent bon.
Alain Bosquet
« Tempête sur l’Ouest, vent fort.. J’en profite pour lire quelques poèmes d’Alain Bosquet qui nous parlent des enfants. Il a beaucoup écrit de poèmes douloureux et souvent complexes mais là, il nous enchante avec ses mots sur l’enfance.. je vous souhaite de la douceur pour la semaine à venir.. bises bretonnes, Eveline56
Acteur français né le 4 décembre 1922 à Cannes, Gérard Philipe a étudié le théâtre au Conservatoire national d’art dramatique de Paris. C’est en 1943 qu’il se fait connaître du grand public en interprétant le rôle de l’ange dans Sodome et Gomorrhe, de Jean Giraudoux. Il brillera également en 1945 dans Caligula, d’Albert Camus.
Il fait ses premiers pas au cinéma dans le film Le diable au corps, aux côtés de Micheline Presle. En 1951, il intègre la troupe du Théâtre national populaire, menée par Jean Vilar. Il joue avec cette dernière des pièces classiques comme Le Cid ou Le Prince de Hombourg. Il poursuit en parallèle sa carrière sur le grand écran, avec Fanfan la Tulipe, en 1952, qui lui vaut un succès international. Il tourne ensuite avec de très grands réalisateurs comme Luis Buñuel, Roger Vadim ou Yves Allégret.
L’amour de sa vie, c’est Nicole Navaux, connue par la suite sous le nom d’Anne Philipe, une ethnologue qu’il rencontre en 1942, lors d’un dîner. Ils se marient en 1951 à Neuilly-sur-Seine et ont deux enfants : Anne-Marie (née en 1954) et Olivier (né en 1956). Cependant, leur belle histoire sera arrêtée net avec la mort du comédien, emporté en 1959 par un cancer du foie.
« Le Dernier Hiver du Cid », de Jérôme Garcin
Il y a soixante ans, le 25 novembre 1959, disparaissait Gérard Philipe. Il avait trente-six ans. Juste avant sa mort, ignorant la gravité de son mal, il annotait encore des tragédies grecques, rêvait d’incarner Hamlet et se préparait à devenir, au cinéma, le Edmond Dantès du Comte de Monte-Cristo. C’est qu’il croyait avoir la vie devant lui. Du dernier été à Ramatuelle au dernier hiver parisien, semaine après semaine, jour après jour, l’acteur le plus accompli de sa génération se préparait, en vérité, à son plus grand rôle, celui d’un éternel jeune homme.
Anne Philipe: » le temps d’un soupir »
Il y a quelques années déjà, je découvrais avec une très grande émotion le livre bouleversant de pudeur et de souffrances écrit par Anne Philipe: » le temps d’un soupir ». Elle nous parlait des souvenirs heureux près de son mari Gérard Philipe et leurs deux enfants puis du deuil si cruel avec la mort prématurée de l’immense comédien, la laissant désemparée.. » Notre vie entière, qu’était-elle dans le cours du monde ? A peine le temps d’un soupir « écrivait elle. Ce récit raconte le bonheur intense puis en si peu de temps la douleur à l’annonce de la maladie et le deuil qui arrive comme un éclair de malheur. je vous conseille vraiment de lire Anne Philipe: » le temps d’un soupir ». Intemporel ! Eveline56
Extrait du « temps d’un soupir
« La douceur de l’air me fait rêver, à ce qui fut et à ce qui serait si tu étais là. Je sais que cette rêverie n’est qu’une inaptitude à vivre le présent. Je me laisse entraîner par ce courant sans regarder trop loin ou trop profondément. J’attends le moment où je retrouverai la force. Il viendra. Je sais que la vie me passionne encore. Je veux me sauver, non me délivrer de toi. »
« Le Dernier Hiver du Cid », Jérôme Garcin
Mon avis:
« Avec son livre, « Le Dernier Hiver du Cid », Jérôme Garcin prolonge le si déchirant témoignage d’Anne Philipe, « Le Temps d’un soupir ». L’auteur a épousé Anne Marie, la fille de Gérard et d’Anne Philipe. Il nous parle avec délicatesse et pudeur des derniers jours de l’immense acteur de théâtre et de cinéma qu’était Gérard Philipe. Il nous dévoile aussi, par bribes, sa jeunesse et plus tard sa carrière, mais aussi la grande humanité de cet homme très proche de ses enfants et de son épouse, de ses amis Jean Vilar du TNP et de l’écrivain Georges Perros et des gens tout simplement. Le bonheur était là, la tragédie arrivait….
J’ai beaucoup aimé redécouvrir cet acteur connu dans le monde entier et dont mes parents me parlaient avec fierté. Gérard Philipe aurait mérité un bel hommage pour les 60 ans de la disparition en 2019. Sa beauté, une vie brève et une carrière incroyable n’empêchent pas l’oubli dans ce monde d’aujourd’hui mais une étoile telle que Gérard Philipe n’a sans doute pas besoin de reconnaissance… Je suis entrée avec bonheur et curiosité dans l’univers « cinéma et théâtre des années 50 », j’ai été très émue par la détresse d’Anne son épouse, si digne dans son immense douleur.. A lire pour (re) découvrir ce grand comédien.. Eveline56
Extraits du » dernier hiver du cid « :
« Dans la chambre numéro 7, le chirurgien entend alors Anne, qui a bon espoir, demander à son mari : « As-tu le trac comme lorsque tu vas jouer ? » « Oui, répond-il sur le ton de la boutade, mais, ici, j’ai moins de soucis. » C’est une pièce inédite, et sans texte, que Gérard s’apprête en effet à jouer couché. Il va devoir, en dormant, en s’abandonnant, tout donner de lui. Et il ne connaît même pas l’épilogue…….
« Les siens l’ont emporté dans le ciel des dernières vacances, à Ramatuelle, près de la mer, pour qu’il soit à jamais le songe du sable et du soleil, hors des brouillards, et qu’il demeure éternellement la preuve de la jeunesse du monde.
Et le passant, tant il fera beau sur sa tombe, dira : non, Perdican n’est pas mort
Simplement, il avait trop joué, il lui fallait se reposer d’un long sommeil. » Louis Aragon
« Il doit bien exister au monde quelque chose, un lieu qui ne soit pas un rapport de force avec autrui ou soi-même. La tendresse, peut-être. » Gérard Philipe
Cette semaine, je souhaiterais partager avec vous l’univers de Loic Le Groumellec.. Accompagné par Alan Stivell, voici le chemin de ce peintre entre le sacré et le profane. Douce semaine à tous (tes) Eveline56
«J’appartiens à cette catégorie d’artistes qui pense qu’on peut faire un même tableau toute sa vie sans jamais se répéter. » Loïc Le Groumellec
Loïc Le Groumellec, Chapelle / Reposoir, 2018, Huile sur toile, bois, 66 x 24 x 25 cm
Mégalithes et Maison, 2016, Diorite orbiculaire, pierre et boisPortrait de Loïc Le Groumellec, peintre francais, dans son atelier de Pantin, le 27 février 2012.
« Depuis les années quatre-vingt, cet artiste tient une place particulière dans la peinture française. Ses toiles saturées de blancs et de noirs s’impriment immédiatement dans nos esprits par leur beauté plastique et leur singularité. Sa peinture est sans concession, travail obsessionnel hanté par la spiritualité où les motifs refusent toute projection psychologique ou narrative ; menhirs, mégalithes, croix et dolmens peuplent et révèlent un univers minimaliste à mi-chemin entre le sacré et le profane. «Conscient du peu de pertinence du cloisonnement entre figuratif et abstrait, le peintre s’arrête à la forme graphique et chromatique qui lui semble la mieux susceptible, non pas d’imiter un motif, mais d’en donner l’essentiel » »
Dis que c’est pas certain Que l’amour s’éteint Comme l’or des musées Le bleu des vieux blue jeans usés
Dis–moi que c’est pas sûr Que les initiales sur Les arbres enlacées Finissent un jour par s’effacer
Dis–moi que c’est vrai Que tous les cœurs à la craie Qu’on voit quand on est enfant Dans les cours de récré Disaient qu’on s’aimait vraiment Ces cœurs à la craie Disaient qu’on s’aimait vraiment
Moi je veux des tableaux Comme peignait Pablo Les peintures à l’huile C’est plus difficile Mais plus beau Bien plus beau que les aventures à l’eau
Dis–moi où passent–elles Ces peintures pastel Ces mots griffonnés Sur un bristol de fleurs fanées
Moi je veux des serments Des marbres et des monuments Mais pas toutes ces aquarelles Belles ne fût–ce qu’un moment Dis que tu m’aimes, même si tu mens Ne fût–ce qu’un moment Dis que tu m’aimes, même si tu mens
David McNeil – Julien Clerc – Matt Clifford
Chagall magnifie la relation amoureuse dans « Les deux pigeons » (gouache 1925).
« David McNeil, le fils du peintre Marc Chagall, est le parolier de cette si belle chanson de Julien Clerc. Je l’écoute très souvent, elle m’émeut par sa vision candide mais sincère de l’amour. Dans son texte, David McNeil nous parle de Pablo mais ma préférence va à Chagall, son père, qui m’éblouit par son talent immense. Je n’oublie pas le talent de compositeur de Julien Clerc, son interprétation si particulière. C’est celui qui m’a accompagné depuis mon enfance avec ses boucles brunes !!!!!!!
Je vous souhaite beaucoup d’amour.. Bises bretonnes Eveline56
Un petit roseau m’a suffi Pour faire frémir l’herbe haute Et tout le pré Et les doux saules Et le ruisseau qui chante aussi ; Un petit roseau m’a suffi À faire chanter la forêt.
Ceux qui passent l’ont entendu Au fond du soir, en leurs pensées, Dans le silence et dans le vent, Clair ou perdu, Proche ou lointain.. Ceux qui passent en leurs pensées En écoutant, au fond d’eux-mêmes, L’entendront encore et l’entendent Toujours qui chante.
Il m’a suffi De ce petit roseau cueilli À la fontaine où vint l’Amour Mirer, un jour, Sa face grave Et qui pleurait, Pour faire pleurer ceux qui passent Et trembler l’herbe et frémir l’eau ; Et j’ai, du souffle d’un roseau, Fait chanter toute la forêt. Henri de Régnier, « Odelette 1 », Les jeux rustiques et divins, [1897]
Un poème pour vous, quelques photos prises cet après-midi lors d’une balade venteuse .. BISES
ANNIVERSAIRE DU BLOG: 4 ANS
« Déjà 4 ans que » dans l’œil d’une flâneuse bretonne » existe. Je n’en reviens pas 🙄😮🙃
Je suis si heureuse de nos partages et ce n’était pas évident pour moi car je suis très pudique. Je réfléchis afin d’employer le bon mot, celui qui sera juste, qui ne trahira pas ma pensée et surtout ne blessera pas. ça prends du temps tout cela. LOL C’est la raison pour laquelle mes textes sont souvent courts. Je préfère les mots et les couleurs des artistes de tout genre. Il me plait que ces créateurs soient parfois inconnus et proches de la Bretagne. Ainsi vous découvrez l’amour que j’ai pour ma terre Bretonne mais tout en restant ouverte sur le monde.
J’aimerais vous remerciez pour tout, les échanges avec vous me sont si précieux. C’est une belle aventure….. KENAVO
« La mer.. Il te faut l’imaginer ici violente, mais amoureuse, telle une divinité de la mythologie.
Elle lèche les rochers de son écume blanche, rampe, glisse, s’insinue, monte, descend, remonte : elle caresse de ses longues lames l’âpre et mâle rocher, lui parle à l’oreille et, dépitée enfin, se brise dans un râle d’amour comme le cœur se brise, dit-on, de désir inassouvi. »
Michel del Castillo
« C’est la fin de l’année, des vents forts, de grosses vagues, l’Océan tourbillonne et l’écume s’échoue sur le sable..
Telle est la neige de mer qui nous offre un spectacle magique, éblouissant.
Mon œil de flâneuse vous envoie ces flocons précieux et éphémères de mousse d’eau en vous souhaitant de joyeuses et belles fêtes de Noël !
Avec toute mon amitié et un merci pour nos échanges si précieux pour moi, »
BISES BRETONNES
Eveline56
Hommage à Alain Barrière : « A regarder la mer………..
Et je reste des heures à regarder la mer Le cœur abasourdi, les pensées de travers Et je ne comprends rien à ce triste univers Tout est couleur de pluie tout est couleur d’hiver Je suis ce fier bateau qu’on vit un jour partir Et qui n’en finit plus de ne plus revenir La mer a ses amants qui s’enivrent de vent La mer a ses amants qui se grisent à ses fêtes
Qui ne me comprend pas ne comprend pas la mer Je n’aurai donc été en ce grand univers Qu’un de ces marins-là qui vont en solitaire Et l’inutile cri d’une inutile fête Et je reste des heures Et je reste des heures à regarder la mer
« Il est fort, il est fier, le beau fortin entouré par la mer. Le Fort-Bloqué est le nom d’un village emblématique de la côte. Son nom provient du fort construit sur un îlot. Accessible à pied à marée basse, il redevient une île à marée haute. Un peu d’histoire : le 1er octobre 1746, quarante navires anglais débarquent 4500 hommes sur la plage du Loc’h. Ils prennent les bourgs de Guidel et Ploemeur avant d’attaquer Lorient. Ils seront repoussés quelques jours plus tard. Pour parer à un nouveau débarquement, une batterie est construite en 1748 sur l’îlot de Keragan. Un siècle plus tard, un fortin est bâti avec des remparts, c’est le Fort Bloqué que l’on connaît maintenant. Il n’y avait pas d’habitations auparavant, juste de la lande. Un hôtel-restaurant a commencé à faire venir les lorientais grâce à son fameux homard au curry. Peu à peu les habitants se sont installés à partir des années 60. » Erwan Simon
« L’âme de l’homme a reçu des ailes et enfin elle commence à voler. Elle vole vers l’arc-en-ciel, vers la lumière de l’espoir. »
Charlie Chaplin
Le ciel après la pluie..Violet, Indigo, Bleu, Vert, Jaune, Orange, Rouge..Arc en ciel !!!!!!!
Douce semaine à tous (tes), bises bretonnes… Eveline56
Extrait France2 janvier 2013 « concert église St Eustache-Paris » Laurent Voulzy
» J’aime aller dans les églises et les cathédrales, surtout quand il y a peu de monde, ou même personne, dans ce silence habité, où les bruits de l’extérieur qu’on entend parfois semblent irréels. On franchit le porche, et on est hors du temps, entre ciel et terre. Plantés là, au milieu des villes et des villages parfois depuis des siècles, l’église est un vaisseau spatial. Y jouer, et y chanter est un bonheur, et le lieu n’est pas neutre, car ses murs, voûtes, vitraux, piliers nous imposent leur résonance, et sont des partenaires avec qui il faut compter. » Laurent Voulzy
Cette semaine, je partage avec vous quelques photos prises ce matin, ciel gris, vent fort
C’est le temps idéal pour écouter Laurent Voulzy qui donne, depuis quelques mois, des concerts exceptionnels dans les églises. Il vient de sortir un magnifique album: « MONT SAINT-MICHEL » .. Que c’est lyrique et apaisant, un réel bonheur pour les oreilles😍 . Bises de Bretagne à tous et toutes 😚
Envoie-moi des mots d’amour et ensemble nous construirons des sentiers de paix
envoie-moi des mots d’espoir et ensemble nous remplirons des milliers de pages vierges
Nos voix à l’unisson deviendront les doux sons d’une harpe et des prières transportés par le vent
ils deviendront un nouveau chant dans le bleu profond du ciel qui ne cessera pas dans l’obscurité de la nuit Lidia Chiarelli
« La più bella » (L’isola non trovata)
« Novembre s’en va, vive décembre! J’aimerais partager avec vous les mots et les collages de Lidia Chiarelli, si talentueuse, pour vous emporter vers le bleu de la paix et du bonheur «
Eveline56
Lidia Chiarelli:
« Artiste, écrivain et fondatrice du Mouvement artistique littéraire Image & Poésie. Poète lauréate du Prix littéraire Naji Naaman’s Literary Prizes 2019. Aussi appréciée comme artiste de collages: ses collages ont été sélectionnés pour le symposium sur le compte Filippo di San Martino à Agliè (Turin, Italie) – octobre 2017. »
Françoise Hardy a écrit et interprété la chanson « Les Fous de Bassan » sur l’album « L’Amour fou » paru en 2012. Cet artiste me bouleverse, quel talent !!!! Actuellement, comment ne pas penser au cauchemar de ces victimes disparus mais aussi en ce moment à la violence sur les enfants, les femmes. Qui sont ces anges noirs?
Il faut parfois partager la noirceur et espérer la couleur, merci à tous…. Eveline56
Les fous de Bassan
C’est par une nuit sans lune Qu’elle s’est enfuie vers les dunes Vers son sort Le vent du nord Soufflait si fort Nul n’a revu Son corps
Belle Mais sans défense Les mains nues Folle Comme l’espérance
Voulait-elle gagner la mer? Dans quel but, pour quelle chimère?
Un corsaire Un ange noir Au cœur de pierre Surgit Un soir
Douce Comme innocence Sans retenue Tuée Par quelle violence, Quel inconnu ?
Si belle Si seule Endormi dans quel linceul ? Si pure Si jeune
Vit-elle au ciel L’amour éternel
Loin des cris berçants Des fous de Bassan
Loin défunte Si loin des pièges De l’atteinte Des sortilèges
Françoise Hardy
Aquarelle de Gaëlle GUEVEL artiste peintre de Bretagne.
Tu réveilles en moi des souvenirs confus. Je t’ai vu, n’est-ce pas? moins triste et moins modeste. Ta tête sous l’orage avait un noble geste, Et l’amour se cachait dans tes rameaux touffus.
D’autres, autour de toi, comme de riches fûts, Poussaient leurs troncs noueux vers la voûte céleste. Ils sont tombés, et rien de leur beauté ne reste; Et toi-même, aujourd’hui, sait-on ce que tu fus?
Ô vieil arbre tremblant dans ton écorce grise; Sens-tu couler encore une sève qui grise? Les oiseaux chantent-ils sur tes rameaux gercés?
Moi, je suis un vieil arbre oublié dans la plaine, Et, pour tromper l’ennui dont ma pauvre âme est pleine, J’aime à me souvenir des nids que j’ai bercés.
Pamphile Le May, (1837-1918), « À un vieil arbre », Les gouttelettes, 1904.
Entre marées hautes et marées basses, la laisse de mer et son bois flotté, Malzenn se demande d’où viennent ce tronc échoué et cette grosse branche ornée de goémon. Je partage avec vous ce moment, cette belle balade au bord de l’océan. Geoffrey Oryema – Land Of Anaka – m’accompagne de sa magnifique voix.
Un homme jeune, Jean, revient chez lui plusieurs mois après l’armistice de 1918. De ce retour tardif, on apprend peu à peu les raisons. Comme il a été prévu, sa mère attend qu’il reprenne le domaine, dirigé pendant la durée de la guerre par son frère infirme, Aristide. Mais il refusera cette place programmée et partira. Des décennies plus tard, les actes de la vie de Jean seront racontés à une enfant qui elle-même prendra en charge l’histoire et l’écrira. La narration circule ainsi sur un demi-siècle, avec les découvertes, les doutes, les interrogations, les ajustements et l’imagination nécessaires à la construction de ce qui devient un roman, évoluant entre drame, humour et émotion.
Prix littéraire Prix Michel-Dard 2010
André Mazeyrie « soldat blessé »
Extrait : « le revenant n’a plus de passé, on ne le reconnaît plus, tu comprends, il ne peut pas redevenir, seulement devenir parce qu’il est quelqu’un d’autre, d’une autre espèce peut-être, quelque chose de cet ordre, c’est ce que je crois, disait-il, et ce n’est pas facile à comprendre, petite. «
« Une guerre honteuse, mère, comme toutes les guerres, et nous avons tout perdu. Des millions de morts, des mutilés par milliers, des orphelins et des veuves en pagaille, vous trouvez que c’est une victoire ?
« c’est juste qu’il a fallu enregistrer tous ces morts, et leurs noms qu’on traîne derrière nous avec des croix dessus. Il faut bien, mère, que cela cesse un jour, tout ce qu’on a avalé sans broncher. Il faut que tous ces morts cessent de nous emmerder, cessent de mourir toutes les nuits et maintenant le jour… je ne vais pas tenir, mère. »
« … il est satisfait et heureux d’être seul, enfin seul à marcher seul. Depuis presque cinq ans, calcule-t-il, ils ne l’ont plus jamais été. Cette promiscuité qu’ils ont dû subir, avec les rats et toutes les bestioles, avec les morts, avec les vivants – La paix, c’est pouvoir être seul, dirait-il plus tard à Amandine. »
Mon avis:
J’avais lu le premier livre de Soazig Aaron en 2002: « Le Non de Klara ». J’avais tant aimé ce roman extrêmement touchant. Le retour d’une jeune femme des camps. Il m’avait laissé une empreinte indélébile sur le cœur. Je le relie encore ..
Soazig Aaron a écrit, des années après, le plus bouleversant des romans sur le retour d’un soldat de la guerre de 14/18 avec ce titre si beau: « La sentinelle tranquille sous la lune ». Capitaine de l’armée française durant la 1ère guerre mondiale, Jean est revenu plusieurs mois après l’armistice avec ses cauchemars et d’horribles remords. Il tente de survivre. Mais son chemin ne le mènera pas à ce qu’il était avant la guerre, contrairement au choix de son entourage proche. Jean passera par un difficile combat de survie au jour le jour, avec cette culpabilité d’être là alors que tant sont morts. Ce récit aux multiples narrateurs ( Jean, Amandine son épouse et la petite-fille de Jean bien plus tard) est un gros coup de cœur qui demande une attention particulière du lecteur ; n’est ce pas normal pour un tel livre!
Je vous souhaite une semaine paisible.. Eveline
photo Eveline56
« Il faut faire une place aux morts pour que les vivants puissent continuer à vivre. »
Comme il est étonnant Celui qui dans ce monde Ne s’émerveille pas.
Aussi, avec légèreté, À travers les flaques, Marcher sur les nuages
Stephen Moysan
1er Novembre
Alors que pour rire Des enfants jouent À la guerre,
Ciel de Toussaint – Les nuages pleurent Les morts.
Au cimetière L’envol d’un corbeau Accompagne les prières.
Stephen Moysan
Un homme ratisse des feuilles
Un homme ratisse des feuilles en tas dans sa cour, un monceau, appuyé sur son râteau, il les brûle absolument toutes. Le parfum emplit la forêt des enfants s’arrêtent et respirent l’odeur qui, dans quelques années, deviendra nostalgie.
Jim Morrison
Un chagrin n’arrive jamais seul Mais la Terre reste mon amie J’aime la Terre, j’aime les feuilles Les rouges, les jaunes, les mortes aussi Je rêve avec le vent qui passe
Parfois au-dessus de ma tête Avec le temps dans sa besace Comme l’âme trouée des poètes J’irai où les chemins me disent À demi-mot dans un murmure Même si au bout mon corps se brise Comme le cœur en contre-lumière Il y a des matins ou la lune Me manque comme une enfant lune Une herbe folle sous la dune Où mes espoirs se sont perdus
Alléluia..
Nous partirons un jour ou l’autre Se retrouver au même endroit Un peu les mêmes, un peu un autre Où le chagrin n’existe pas Un chagrin n’arrive jamais seul Tu le sais bien, toi qui me pleure Le ciel est devenu linceul Il était temps que vienne l’heure
Alléluia..
Alléluia, nous partirons un jour ou l’autre Alléluia, se retrouver au même endroit Alléluia, un peu les mêmes, un peu un autre Alléluia..
Quelques photos prises lors d’une balade en forêt, merveilleux décors pour ce message de la toussaint.. Alléluia fredonne Marc Lavoine.. Emotions..
Cette semaine, j’aimerais partager avec vous l’univers poétique de Virginie Matz. Que de gaité et de charme dans ses tableaux!!!! Nous nous reconnaissons toutes dans ces demoiselles évaporées et coquettes, passage insouciant à un moment de notre vie. Bises 🙂
Collection Citadines :
» Coco »
Collection les amoureux:
« Les inséparables »
Collection les baigneuses:
» la baignade »Collection les baigneuses « Le parasol jaune »
Pour Angeline, avec de gros bisous: « Le parasol jaune » ….
Sculpture: Valentine« Les pipelettes en statuettes »
Virginie Matz présente de petites statuettes peintes. « Elles sont forgées par un ferronnier d’art du pays de Brocéliande: Jean Michel Darras ..
Virginie Matz peint depuis sa plus tendre enfance. Elle dessine de bien jolies demoiselles aux couleurs chatoyantes, le plus souvent en rouge, bleu marine, blanc… Des tonalités en acrylique, qu’elle applique à la brosse et aux couteaux, en y ajoutant du collage et des pastels. Son style est proche de l’univers de Coco Chanel, des années 1930, ou encore celui de Jean-Paul Gaultier, dans l’élégance de ses marinières.
L’exposition de cette jeune et talentueuse artiste, c’est d’abord, au premier coup d’œil : la gaieté et de la spontanéité, tant ses demoiselles sont charmeuses autant qu’ingénues. Toutes offrent une belle joie de vivre au féminin qui parle aussi d’amour, d’amitié et de vie..
J’ai suivi le chemin de Mary tout au long de ce livre. Je l’ai accompagné dans ses doutes et dans sa douleur mais aussi dans ses instants de bonheur et de découverte de l’autre. Ce fut un moment magnifique.. quelle émotion. Je recommande ce roman, un des meilleurs lus cette année.
Résumé:
Colonie de la baie du Massachusetts, 1672. Mary Rowlandson vit dans une communauté de puritains venus d’Angleterre. Bonne mère, bonne épouse, elle souffre néanmoins de la rigidité morale étouffante qui règne parmi les siens. Si elle essaie d’accomplir tous ses devoirs, elle se sent de plus en plus comme un oiseau en cage. Celle-ci va être ouverte de façon violente lorsque des Indiens attaquent son village et la font prisonnière. Mary doit alors épouser le quotidien souvent terrible de cette tribu en fuite, traquée par l’armée. Contre toute attente, c’est au milieu de ces « sauvages » qu’elle va trouver une liberté qu’elle n’aurait jamais imaginée. Les mœurs qu’elle y découvre, que ce soit le rôle des femmes, l’éducation des enfants, la communion avec la nature, lui font remettre en question tous ses repères. Et, pour la première fois, elle va enfin pouvoir se demander qui elle est et ce qu’elle veut vraiment. Cette renaissance pourra-t-elle s’accoutumer d’un retour « à la normale », dans une société blanche dont l’hypocrisie lui est désormais insupportable……….Cette magnifique épopée romanesque, inspirée de la véritable histoire de Mary Rowlandson, est à la fois un portrait de femme bouleversant et un vibrant hommage à une culture bouillonnante de vie, que la » civilisation » s’est efforcée d’anéantir.
Extrait:
« Petit à petit, Mary découvre dans cette oisiveté une grande dilatation du temps et une conscience de plus en plus grande du monde naturel. Elle commence à observer le vol des moineaux dans l’air hivernal et la danse des écureuils roux sur les branches d’arbre. Elle remarque les changements dans les nuages, l’inclinaison des rayons du soleil lorsqu’ils tombent sur la neige, les bourgeons rouges et serrés mouchetant les arbres en hiver. Toutes ces choses qu’elle a déjà vues, mais qui n’étaient alors que l’arrière plan de ses tâches quotidiennes. A présent, elle prend conscience que les arbres, les oiseaux, les nuages et les animaux possèdent un sens qui leur est propre, qui ne dépend en rien des activités humaines…..
Critique de Jim Fergus:
« Dès la première page, Amy Belding Brown propulse le lecteur directement au cœur sombre de l’Amérique puritaine du XVIIe siècle et ne le lâche plus jusqu’à la fin. Ce livre, basé sur un travail de recherche monumental, est une chronique passionnante des premiers antagonismes entre le monde des Indiens et celui des Blancs. Inspiré d’une histoire vraie, c’est un superbe roman à la fois violent, tragique, courageux et édifiant. Notre cœur bat au rythme de celui de l’héroïne, cette femme extraordinaire qui, en dépit de tout, non seulement survit, mais triomphe de son destin. » Jim Fergus ( auteur de la trilogie « Mille femmes blanches » )
Amy Belding Brown vit dans le Vermont. « L’Envol du moineau » est son premier roman publié en France.
En mémoire de ma mère, Eleanor Kellogg Belding, 1922-2012
Face à l’adversité, elle a choisi l’espoir, la curiosité et le courage : la feuille assoiffée voletant vers la pluie, le papillon de nuit guettant le monde à la fenêtre, la fleur ne se refermant pas lorsque tombe le jour.
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