« Je veux devenir une petite poétesse Tel est le désir de mon cœur ici bas. » 9 août 1920″
Karantez vro
E korn va c’halon zo ur gleizenn
‘Baoe va yaouankiz he dougan
Rak siwazh, an hini a garen
Na gare ket ‘r pezh a garan
Eñ na gare nemet ar c’hêrioù
Ar morioù bras, ar Broioù pell
Ha me ne garan ‘met ar maezioù
Maezioù ken kaer va Breizh-Izel !
Ret ‘voe dibab ‘tre div garantez
Karantez-vro, karantez den
D’am bro am eus gouestlet va buhez
Ha lez’t da vont ‘n hini ‘garen
Biskoazh abaoe n’am eus en gwelet
Biskoazh klevet keloù outañ
Ur gleizhenn em c’halon zo chomet
Pa ‘gare ket ‘r pezh a garan.
Pep den a dle heuilh e Donkadur
Honnezh eo lezenn ar Bed-mañ
Gwasket ‘voe va c’halon a-dra-sur
Pa ‘gare ket ‘r pezh a garan
Dezhañ pinvidigezh, enorioù
Din-me paourentez ha dispriz
Met ‘drokfen ket evit teñzorioù
Va Bro, va Yezh ha va Frankiz !
Amour-patrie En mon coeur est ma blessure, Depuis ma jeunesse y reste gravée Car, hélas, celui que j’aimais Ce que j’aime n’aimait pas. Lui n’aimait que la ville, La grande mer et les lointains ; Je n’aimais que la campagne, Beauté des campagnes de Bretagne.
Entre deux amours il me fallut choisir Amour-patrie, amour de l’homme ; A mon pays j’ai offert ma vie, Et s’en est allé celui que j’aimais. Depuis, jamais je ne l’ai revu, Jamais connu de ses nouvelles. En mon coeur saigne la blessure Car ce que j’aime, il n’aimait pas.
Chacun sa Destinée doit vivre, Ainsi en ce monde en est-il. Meurtri, certes, fut mon coeur, Mais ce que j’aime, il n’aimait pas. A lui, honneurs et richesse A moi, mépris et humble vie. Mais je n’échangerais contre nul trésor Mon pays, ma langue et ma liberté.
« Ne drokfen ket evit teñzorioù va bro, va yezh ha va frankiz Je n’échangerais contre nul trésor mon pays, ma langue et ma liberté. »
Anjela Duval …
PIV ?
Ma’m befe bet mibien
Am befe bet o armet.
Am befe graet anezho Marc’heien
Marc’heien an douarn.
O armet am bije
Gant va armou din-me.
An armou-se am eus stourmet gante
Va buhez-pad…
Stourmet ouzh an drez
Stourmet ouzh ar spern-du
Ouzh ar burl hag an askol
Ouzh ar raden alouber
An onk hag an treuzc’heot
Ar gweg… ha mil louzaouenn fall all ;
– Ken ar re a voug an trevadou
Ken ar re a voug ar goustians –
… Feal on bet atav d’am Ger-Stur :
Stourm a ran war bep tachenn
Va buhez vo bet ur stourm.
Hag e dibenn va amzer
E huanadan :
Piv a gemero va ger-stur ?
War va lerc’h,
Piv a gemero va armou
Pa gouezhint eus a-dre va daouarn ?
Pa n’em eus ganet mab ebet !
QUI ?
Si j’avais eu des fils Je les aurai armés. J’en aurais fait des chevaliers, Des chevaliers de la terre. Je les aurais armés Avec mes armes à moi. Ces armes j’ai lutté avec elles Ma vie durant… J’ai lutté contre les ronces Contre l’aubépine noire, Les digitales et le chardon, Contre la fougère envahissante, L’avoine à chapelet et le chiendent, La vesce… et mille autres mauvaises herbes ; – tant celles qui étouffent les pâtures que celles qui étouffent les consciences – … Je suis toujours demeurée fidèle à ma devise : Je lutte sur tous les fronts. Ma vie a été un combat. Et au terme de mon temps Au bout de ma force Je soupire : Qui reprendra ma devise ? A ma suite, Qui reprendra mes armes Quand elles me tomberont des mains ? Puisque je n’ai enfanté aucun fils ! Anjela Duval, 9-10-78
Je voulais vous parler d’ANJELA DUVAL ( Marie-Angèle Duval) depuis le début de mon blog …. Mais devant le talent immense de cette femme, modeste paysanne, je n’osais pas, je me disais que je ne saurais pas lui rendre l’hommage qu’elle mérite. Mais ce soir, je vais essayer…….
Anjela Duval est née en avril 1905 près de Plouaret dans les Côtes d’armor. Dès les années 40, elle avait repris la petite ferme de ses parents dont elle était la fille unique, son frère et sa sœur étant décédés avant même sa naissance.
Paysanne pauvre et simple, elle était restée célibataire à cause de son refus obstiné de suivre dans l’« exil » l’homme qu’elle aurait aimé, un marin qu’elle fréquenta entre 1924-1926, alors elle cultive seule les arpents qu’elle a reçu de ses ancêtres; « c’est ma nourricière dit-elle. je déplore que les hommes d’aujourd’hui ne respectent plus la terre. Si j’étais plus jeune, je ferai de la culture biologique, sans pesticides (nous sommes dans les années 70) ».
« Entre deux amours il me fallut choisir Amour-patrie, amour de l’homme ; A mon pays j’ai offert ma vie, Et s’en est allé celui que j’aimais »……
Anjela écrit ses poèmes après sa journée de travail aux champs, sur un cahier d’écolier, dans sa petite maison du Vieux-Marché à Traoñ an Dour, un hameau isolé ,(« Le jour, le temps est trop précieux pour être perdu avec des papiers« ).
Dans ses poésies d’une grande beauté, Anjela nous parle de la vie qui l’entoure : la terre, les animaux, la nature. Elle lit le breton depuis très jeune, et se met à l’écrire dans les années 60. Elle n’a fréquenté l’école que jusqu’à l’âge de douze ans, suffisamment toutefois pour bien parler le français.
Elle s’était fait connaître du public français par l’émission d’André Voisin Les Conteurs, en 1971. Trugarez Anjela 💗 à greizh kalon 😊😙 Eveline 56
Un mythe : « la pluie bretonne »…. voici quelques photos de mon jardin bien arrosé et quelques blagues sur la pluie en Bretagne …. Ah cet œil de flâneuse qui aime rire sous l’ondée….
Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage, Et la mer est amère, et l’amour est amer, L’on s’abîme en l’amour aussi bien qu’en la mer, Car la mer et l’amour ne sont point sans orage. Celui qui craint les eaux qu’il demeure au … Continuer à lire … « Et la mer et l’amour …. »
« Bretonne dans une barque, DENIS Maurice , 1892
Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage
Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage, Et la mer est amère, et l’amour est amer, L’on s’abîme en l’amour aussi bien qu’en la mer, Car la mer et l’amour ne sont point sans orage.
Celui qui craint les eaux qu’il demeure au rivage, Celui qui craint les maux qu’on souffre pour aimer, Qu’il ne se laisse pas à l’amour enflammer, Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.
La mère de l’amour eut la mer pour berceau, Le feu sort de l’amour, sa mère sort de l’eau, Mais l’eau contre ce feu ne peut fournir des armes.
Si l’eau pouvait éteindre un brasier amoureux, Ton amour qui me brûle est si fort douloureux, Que j’eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.
Pierre de Marbeuf 1628 « Recueil des vers de Pierre de Marbeuf».
La Bretonne en noir. Henri Delavallée
Adieu, Alfred GUILLOU , 1892
Mélancolie, Edward Munch, 1891
Eveline56
John William Waterhouse – Miranda The Tempest 1916….. ( image à la une)
série cigognes 1986la sirène aux cormorans 2002Sirène aux hirondelles 2002
veau marin 2005
Brest 2004
Brest 2004
Brest 2004
Brest 2004
BREST 2004….
Engagement pour l’environnement Après avoir suivi des cours à l’École de peinture Oscar Kokoschka, à Salzbourg (Autriche), puis à l’Académie royale des Beaux-arts de Copenhague (Danemark), Jette With s’installe en 1968 à Paris et s’inscrit à l’École nationale supérieure de Paris où elle vit aujourd’hui, quand elle n’est pas à Camaret-sur-Mer (Finistère), commune du littorale où elle se sent chez elle.
Dans son travail, elle ne se contente pas d’évoquer la beauté des phares, le drame des naufrages, elle pointe aussi les dangers qui menacent la mer. « C’est le naufrage de l’Amoco Cadiz, en 1978, qui a déclenché mon engagement pour la mer. Depuis, je reste attentive aux événements la concernant. Au fil du temps, j’ai construit un langage plastique associant peinture, dessin et installation qui me permet de défendre la mer mais aussi l’environnement et la nature en général », explique l’artiste danoise. Jette With réalise de nombreuses expositions, en France et à l’étranger, où son travail est unanimement salué par la critique.
C’est dans le cadre de « 7 Chapelles en arts » que j’ai découvert et admiré la peinture figurative de Jette With; ses tableaux ont orné la chapelle Saint-Mathieu cet été. Eveline56
Le papillon Naître avec le printemps, mourir avec les roses, Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur, Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses, S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur, Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes, S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles, Voilà du papillon le destin enchanté! Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose, Et sans se satisfaire, effleurant toute chose, Retourne enfin au ciel chercher la volupté!
Alphonse de LAMARTINE (1790-1869)
« Le temps d’une photo, ce joli papillon s’est envolé vers l’infini. J’ai regardé là-haut et j’ai pensé à tous ces papillons qui se sont envolés dans le ciel de Barcelone et de Cambrils » …. triste semaine. Eveline56
Gauguin écrit en citant le Bois d’Amour : « L’âme serait portée à la tristesse dans ce cadre tranquille, si un rayon de soleil perçant quand même le feuillage le plus épais ne donnait la sensation de la divine espérance… ».
Flâner à Pont Aven, redécouvrir la citée des peintres pour la énième fois et se dire: « que c’est beau » comme si c’était la première visite. ….. J’adore! Eveline 56
En hommage à ceux qui m’accueillirent habitants, hommes, femmes, chênes et genêts de l’Aven…… Xavier Grall
-Ne me parlez pas de moi
Sur ma tête mettez une pierre d’argile blanche
Et parlez-moi de la terre …. Xavier Grall
le baiser 1929Bord de Seine1944Notre-Dame de Paris, 1944Vase visage et corps
Ballet 1919
Oiseau (Colombe), 7 janvier 1953«Portrait d’Olga dans un fauteuil», Montrouge, printemps 1918Jacqueline Picasso, 1957Jacqueline Picasso, 1957Marie-Thérèse Picasso 1939
femme au chien
Femme au chignon vert 1970…. homme à la moustache 1971Autoportrait Picasso…. portrait Jacqueline
Minotaure et nu 1933Composition avec masque et gant 1957
Picasso 1906 autoportraitPicasso 1965
Picasso se dévoile à travers les toiles et les dessins appartenant à sa fille.
Découverte des tableaux de Picasso aux différentes périodes de son œuvre . Rare et beau….
Voici les photos, pêle-mêle, de notre visite au musée de Landerneau; pas de chronologie, juste le regard d’une flâneuse Bretonne curieuse et muette d’admiration devant un si grand talent……. Eveline56
L’histoire : C’est par le journal qu’a tenu Angelika, sa belle-sœur et amie pendant l’été 1945 que l’on va suivre l’histoire de Klara, rescapée d’Auschwitz. Le récit transcrit la parole de celle qui a vu, vécu l’insoutenable. Klara n’est plus que refus et indifférence à la vie. Elle ne peut se résoudre à rejoindre les vivants elle qui se considère comme morte, elle qui se sent coupable d’exister encore. Trop de limites ont été franchies. Klara rejette tout, l’étoile jaune qu’elle ne veut pas voir comme une faute transmise de génération en génération, sa langue maternelle, l’allemand, qu’elle ne peut plus prononcer. Elle refuse même de revoir sa fille de 3 ans mise au monde clandestinement avant sa déportation.
Extraits :
« A l’intérieur je ne suis que mort, j’ai un goût de mort, je pue la mort, pour longtemps encore, peut-être pour toujours. Les enfants le sentent. Je ne veux pas qu’elle renifle cette odeur qu’elle n’a pas encore eu dans le nez. «
« Comprenez. Je ne rejette pas ma fille. C’est moi que je rejette en dehors de sa vie à elle, pour sa vie à elle. »
« Moi morte, elle ne subit aucun abandon. C’est ce que je veux. »
Mon avis :
« Très tôt dans ma vie, j’ai voulu savoir pourquoi et comment une telle horreur était possible!!!! J’ai lu des ouvrages sur la shoah, beaucoup. Mais c’est en 2002 que j’ai découvert « Le Non de Klara » et c’est ce livre de Soizic Aaron, court récit qui m’a fait ressentir la plus forte émotion, la tristesse absolue face à la souffrance inimaginable de Klara ….
Comment survivre à l’horreur quand on se sent déjà mort ?
« Klara ne dit rien, ne mange pas, ne dort pas, déambule toutes les nuits, d’un mur à l’autre du salon, et refuse… »
Eveline56
Soazig Aaron est née à Rennes. Elle a travaillé quelques années dans une librairie parisienne et vit actuellement à la campagne. Le Non de Klara est son premier récit publié.
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