l’île de Sein (Finistère)..

ÎLE DE SEIN

Entre ciel et soleil
s’étale un grand rocher
lissé dessus la mer
comme une crêpe en terre
à la jupe effilochée
aux formes singulières

Mon île est posée là
au sein de l’infini
désert bleu marine
Mais la mer qui dessine
au bas de sa jupe rêche
un éternel feston
de marguerite blanches
semble dire au poète
un secret douloureux

Et le poète va
sur la vague enjôleuse
vers le pays mystique
où règne une pleureuse

Lorsqu’au loin le guéveur
gémit et fend la brume
mon île au creux des flots
sent venir un vertige

Les vagues sont rebelles
et les bateaux fragiles
La dentelle est bannie
des coiffes de mon île
Le ballet des tempêtes
déploie son âme vile
et sa beauté mortelle
pour les parer de noir

Quand la mouette passe
bousculant les nuages
la pleureuse aux pieds nus
s’échoue sur le rivage
On entend sa complainte
jaillir des algues mauves
et se mêler au vent
comme une litanie

Les pêcheurs burinés
pêchent dans les abysses
et les pleurs de l’aimée
sur les joues brunes glissent
tandis qu’un grand soleil
réchauffe ce rocher
qui emprunte à la mer
liberté et danger

Mon île solitaire
a ôté sa vareuse
pour me montrer son cœur
Et j’ai vu un jardin
enclos d’un mur de pierres
où poussait une fleur
dans une terre de sable.

Silviane Le Menn

île de Sein
île de Sein
Le Grand phare de l’île de Sein ( Goulenez )
Le phare d’Ar-Men  » Ar Mên Brial « 

Quelques photos récentes de l’île de Sein, entre le monde et l’eau. Merci Manu..

BELLE SEMAINE.. BIZH

La mer de sable..

 » La mer de sable « 

Dans mon souvenir assoiffé,

La mer se rêve encore déchaînée

Je me souviens de ces vagues inassouvies

Qui s’envolaient vers l’infini.

Dans mon esprit assoiffé,

Les pluies du soleil se sont asséchées.

L’océan a changé son bleu azur

    Et s’est englouti dans la dune de sable obscure.

Il fut un temps jadis où la mer a disparu,

Emportée par une vague de sable inconnu.

Elle a creusé sa tombe et s’est perdue.

Dans mon esprit assoiffé,

Je me suis écroulée sur la plage de sable désertée.

J’ai regardé au loin les dunes, le vague à l’âme,

Et j’ai pleuré devant l’étendue de poussière infâme.

Dans mon esprit assoiffé,   

Les dernières pluies se sont épuisées.

Nous étions issus de la terre délectée

Mais la mère morte appauvrie s’est tuée.

Emportée par les vagues aux couleurs du désert,

Elle a creusé notre tombe et s’est engloutie dans la misère.

Myriam Ghibaudo

Myriam Ghibaudo est passionnée d’écriture depuis des années. Auteure d’une grande sensibilité, elle signe après « La caresse d’une plume » et son ouvrage « Suspendu » un roman « L’ombre du miroir »..

Triste poème mais si beau, si profond..

Bonne semaine ensoleillée, bises bretonnes..

Photos Eveline56

Geoffrey Oryema – Ye Ye Ye (1990)

Geoffrey Oryema a accompagné mon après-midi de son immense talent. Il vivait là, tout près de chez moi. Il nous manque beaucoup.

Geoffrey Oryema, né le 16 avril 1953 à Soroti en Ouganda et mort le 22 juin 2018 à Lorient..

Aurore

Je partage avec vous deux très beaux poèmes de Kamal Zerdoumi,
Je vous souhaite une semaine de douceur et de poésie.. Eveline56

Aurore

Beau est Le monde malgré la nuit
secrète ta propre lumière
intense
Malgré l’opacité
du silence
Il y aura toujours
éphémère
cette chance
de se nourrir d’espérance
Ni la démence ni le sang
avec leur laideur et leurs transes
n’éteindront le chant
de l’oiseau
au soleil levant

kamal Zerdoumi, 2018

Kamal Zerdoumi est l’auteur de deux très beaux recueils de poèmes :  » Au gré de la lumière  » et  » L’exil et la mémoire ».

« Avez-vous envie de dire quelque chose à vos lecteurs ou futurs lecteurs?

Je dirai à mes lecteurs : la lecture et l’écriture donnent un sens à notre vie si brève. En lisant, en écrivant, l’on témoigne de notre présence sur Terre. Quant à celles et ceux qui me lisent ou me liront, qu’ils en soient ici remerciés . Qu’ils sachent que les mots sont des arabesques sur l’ invisible tapisserie de l’âme.« 

Ecrivain(s)

Il a des fruits d’or
pour tresser son verbe
des lettres entrelacées
dans l’alcôve
de sa mémoire
Il craint le cyprès
qui murmure
au-dessus des tombes
on ne sait quel secret
Son jardin est gorgé
de lumière
Parfois y fulgure l’ombre
C’est un être double
comme nous tous
qui rêvons d’unité
androgynes notoires
jusqu’au désespoir

Kamal Zerdoumi, 2018

La Première feuille..

La Première feuille

C’est peut- être
La première feuille
Que je vois

Se tromper
De saison
Cette année

Elle manque de lumière
Comme nous
Les êtres humains

Un peu végétaux
Un peu divins
Beaucoup mortels .

Yvon Le Men

L’auteur breton Yvon Le Men a été récompensé du Goncourt de la poésie 2019 pour l’ensemble de son œuvre.

Je vous souhaite une belle soirée..

Photos Eveline56

Il neige sur la mer..



Il neige sur la mer,
Il neige des étoiles,
Il neige autour des voiles
Et sur le quai désert.

Il neige depuis l’aube
Sur le sable doré,
Il neige sur la robe
Des dunes étonnées.

Il neige, et l’univers
Semble coupé en deux
Tout juste en son milieu.
D’un coté c’est la mer

A la fois bleu et verte
Et de l’autre, la terre,
La terre large offerte
Aux bras blancs de l’hiver.

Il neige sur la mer
Qui s’en moque, éperdue.
Elle rit toute nue,
Le long du quai désert.

Et l’on dirait vraiment
Que ses vagues endorment
La terre étendue, morne,
Dans son grand berceau blanc.

                                                  Maurice CAREME
Pokoù bras : Gros bisous !

« Kalon aour », le cœur d’or..


Ce matin, hommage à la plante emblème de la Bretagne, l’ajonc. Une promenade en famille, sous le soleil hivernal, nous a aéré l’esprit et fait chaud au cœur. En traversant cette lande sauvage, « Coeur d’or et épine d’acier de la Bretagne » nous chantait la poétesse Anjela Duval, le bonheur était là.. bises, douce semaine.. Éveline 😘 💓

Tu es ma terre, ma mère et mon hiver..

Etienne Roda-Gil / julien clerc « terre de France »

Nous sommes des gens
Parfois gais
Quand on est triste
Il fait mauvais
Ce sont les choses du temps
Qui ont fait nos tempéraments

Tu peux bien changer de nom
Le visage de tes régions, de nos frontières
Accrocher des fleurs fanées sur nos calvaires,
Sur nos calvaires

Tu es ma terre
Mon désert qui s’en va
Tu es ma terre, ma mère et mon hiver.

Nous sommes des oiseaux géants
Nous ne voyageons pas souvent
Nous avons l’amour du nid
Que certains appellent patrie

Tu peux bien changer de nom
Et le cours de tes saisons, de nos rivières
Parsemer de tâches bleues le blé qui lève
Le blé qui lève
Tu es ma terre, mon désert qui s’en va
Tu es ma terre, ma mère et mon combat

Tu peux bien changer de nom
Inventer des religions et des chimères
J’ai dessiné sur ton dos comme un étang
Où flotte mes rêves

Tu es ma terre, mon désert qui s’en va
Tu es ma terre, ma mère qui est là.

Nous sommes des gens
Parfois gais
Quand on est triste
Il fait mauvais
Ce sont les choses du temps
Qui ont fait nos tempéraments
..

Terre de France est le sixième album studio de Julien Clerc sorti en 1974
les paroles sont signées Étienne Roda-Gil..

« Promenade au bord de l’étang gelé, une mélodie me revient, Julien chante « terre de France.. » bises .. Eveline56

Photos: eveline56 ( 🙏 Sylvie )

une heure pour la planète..

Une heure pour la Planète
C’est ce que j’ai donné
A notre amie Nature
Pour la préserver

Éteindre la lumière
Et l’ombre apprivoiser
Pour allumer la Vie
Continuer de s’aimer

Élodie Santos, 2009

   Très bon week-end à tous. Eveline 

Photos: EVELINE56

Plénitude..

Magie de l’instant présent au fil de l’Océan..

Bonheur immense face à la mer ..

Plénitude

Faire le vide en soi –
Puis laisser le bien-être
Envahir notre esprit.

Plus d’envie d’ailleurs,
Plus de passé ou futur,
– Ici et maintenant !

Profiter de l’instant
Pendant des heures
Le temps du bonheur.

Stéphen Moysan

« Je vous souhaite des moments de plénitude tout au long de la semaine, des instants de joie immense. »….

« Merci à vous pour votre fidélité »

Éveline..


Vision..

« Devant l’eau profonde, tu choisis ta vision ; tu peux voir à ton gré le fond immobile ou le courant, la rive ou l’infini ; tu as le droit ambigu de voir et de ne pas voir ; tu as le droit de vivre avec le batelier ou de vivre avec « une race nouvelle de fées laborieuses, douées d’un goût parfait, magnifiques et minutieuses ». La fée des eaux, gardienne du mirage, tient tous les oiseaux du ciel dans sa main. Une flaque contient un univers. Un instant de rêve contient une âme entière. »

Gaston Bachelard, L’eau et les rêves — Essai sur l’imagination de la matière (1942)

Je vous souhaite une douce semaine, beaucoup de courage pour affronter ce vilain virus avec toutes les complications qu’il entraîne !

Photos Eveline56 ( merci Sylvie )