C’est l’heure exquise et matinale Que rougit un soleil soudain. A travers la brume automnale Tombent les feuilles du jardin. Leur chute est lente. On peut les suivre Du regard en reconnaissant Le chêne à sa feuille de cuivre, L’érable à sa feuille de sang. Les dernières, les plus rouillées, Tombent des branches dépouillées ; Mais ce n’est pas l’hiver encore. Une blonde lumière arrose La nature, et, dans l’air tout rose, On croirait qu’il neige de l’or.
François Coppée (1842-1908)
Toutes les couleurs de l’automne pour vous, merci d’être là…. Eveline
Richard Ashcroft est l’artiste pop que je préfère depuis les années 2000 et son inoubliable album « Song For The Lovers« … J’aime infiniment sa voix inimitable qui donne des frissons et bien sûr son talent de « songwriter » !!!!
Mon petit conseil du dimanche soir 😉 écoutez vite cet artiste si talentueux et ce très bel album « Natural Rebel« ….. »Ce nouveau CD met son don des arrangements et sa voix supérieure au service de chansons au lyrisme universel » ( lu dans les Inrocks 😉 )
Souvenir des années 2000
« A Song For The Lovers » dédiée à son épouse Kate, tout comme « That’s How Strong », 18 ans après….
Ce jour là, Il faisait froid, Un froid glacial, Un froid à mourir, Le soldat ne sentait rien.
Un cri silencieux au ralenti. Son arme lourde, un lourd engourdi. Une bouche crevassée et un goût trop sec.
Le blanc de la terre jusqu’à l’horizon. Une douleur sans fin et sans raison.
Partout déchets de corps, et du sang mélangé.
Parmi ce ravage, En duo chantent une cornemuse et une voix, illuminées, par un feu invisible. Silhouettes d’homme s’approchent de la musique Comme des étincelles de feu dans une neige gelée,
Cet instant unique dans l’histoire du monde. Hommes réchauffés pour survivre une journée. Courageuse et inspirée, Cette harmonie des ennemis.
« Au tour du feu invisible », Chloé DOUGLAS, 2009
Les Brancardiers, Mathurin Meheut
Mathurin Méheut, Un guetteur, Bois de la Gruerie, Argonne, septembre 1915, musée Mathurin Meheut
Touchante surprise de Frédéric vendredi matin, il est arrivé avec dans les mains un album: FOLK de Nolwenn Leroy. Et c’était pour moi sa maman !!!!
« Ces chansons intemporelles, susurrées par la très jolie voix de Nolwenn, me rappellent de doux souvenirs de cette époque de ma vie !
J’ai beaucoup aimé me ressourcer à l’écoute de ces chansons folks des années 70 et au delà, comme: « so Far Away From L.A » Nicolas PEYRAC, « je ne peux plus dire je t’aime » Higelin, « virages » Yves DUTEIL, « ma petite fille de rêve » la si jolie chanson de Jean Michel Caradec ou encore « diabolo menthe » Yves Simon …..J’ai apprécié aussi »Sacré Géranium » Dick Annegarn, « Jolie Louise » Dan Lanois, « Marions les roses » Malicorne, et par dessus tout , avec ses violons, « Je t’aimais, je t’aime, je t’aimerai » de notre si talentueux Cabrel. »
On s’envolera du même quai
Les yeux dans les mêmes reflets
Pour cette vie et celle d’après
Tu seras mon unique projet
Je m’en irai poser tes portraits
À tous les plafonds de tous les palais
Sur tous les murs que je trouverai
Et juste en dessous, j’écrirai
Que seule la lumière pourrait …
Et mes doigts pris sur tes poignets
Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai…. Cabrel
« Le but, c’était de replonger dans des chansons qui sont dans le cœur des gens, des chansons un peu oubliées et autour de cet esprit et de ce style musical qu’est la folk. Ce sont des chansons qui réconfortent les jours de pluie et qui réchauffent le cœur et l’âme, ce sont des chansons lumineuses. On a enregistré à l’ancienne, en live, de manière authentique » Nolwenn Leroy
« Coup de foudre pour cet album, pour le choix des chansons, les arrangements, les illustrations du livret, les hortensias de la pochette 😉 et bien sûr pour la voix si unique de Nolwenn, comme un murmure…. A écouter cet hiver au coin du feu » . Eveline 56
La mer chante ? Sans arrêt et la bande son qu’elle diffuse est capitale pour le marin. Lorsqu’il fait nuit, il n’a pas d’autre point de repère que sa chanson. Le son de chaque instrument compte, celui du vent, des vagues, leur sifflement déchirant contre la coque. (Olivier De Kersauson)
La mer est un univers.Si on l’observe, elle prévient de tout. Un coup de vent a toujours un signe annonciateur.
Il y a une lecture de l’océan et du monde maritime que des années d’observation donnent et développent. Un équateur en Pacifique n’a rien à voir avec un équateur en Atlantique. Les bleus ne sont pas les mêmes, les systèmes éoliens ne circulent pas de la même façon.
Jusqu’à 1900, il fallait écouter et regarder la mer pour comprendre. Depuis, les marins ne fonctionnent qu’avec les instruments de navigation, et les pêcheurs ont des sondeurs : plus personne ne regarde la mer.
Océan’s songs. Olivier de KERSAUSON
mes photos m’appartiennent…. 😉
L’automne est là, il faut se couvrir un peu plus mais les balades face à l’océan restent magiques….Bises de Bretagne! Eveline
Du soleil, encore du soleil…. L’été ne veut pas laisser sa place à l’automne et nous en profitons pour flâner le long de l’océan. J’aimerais partager avec vous ces doux moments de vrai bonheur !!! bises du Fort-Bloqué, bonne semaine à tous !
À seulement 18 ans, Pierre est marin-pêcheur à son compte. À Saint-Nazaire, c’est lorsque la nuit tombe qu’il part avec son bateau pêcher la crevette grise. Un métier de passion, d’espoir et de déconvenue.
La douceur des fins d’après-midi d’été se fait sentir, lorsque Pierre pose le pied sur son bateau pour commencer sa journée de travail. Depuis deux mois, dans le port de Saint-Nazaire, à seulement 18 ans et 3 mois, il est le plus jeune marin pêcheur à son compte. Rien ne laisse cependant transparaître son jeune âge. Son regard est grave, son verbe assuré et ses épaules assez larges pour porter les responsabilités qui sont désormais les siennes.
Après avoir inspecté ses filets, le voilà à la barre de son bateau de 8,72 m. Pendant une trentaine de minutes et en pilotage presque automatique, il rejoint son périmètre de pêche dans l’estuaire de la Loire. Les premières inquiétudes apparaissent sur son visage. « Il y a du courant, c’est plus compliqué pour la pêche. En plus, depuis quelques jours, j’ai un problème de réglage avec mon chalut, ça ne pêche pas bien. J’espère que ça ira ce soir », confie le jeune marin en allant mettre à l’eau ses neuf mètres de filet.
Je fais ce que mon père n’a pas pu finir » La pêche est une histoire de famille chez lui. Le port et ses marins ont vu naître et grandir Pierre jusqu’à l’accueillir aujourd’hui comme l’un des leurs. Son père, marin-pêcheur lui aussi, est décédé alors qu’il n’avait que 2 ans. Plus qu’une passion, c’est un héritage que Pierre a voulu reprendre. « Depuis tout petit, je veux être pêcheur. Aujourd’hui, je fais ce que mon père n’a pas pu finir », sourit-il timidement. Il fait ses armes à l’école de pêche, mais quitte l’école un an avant ses examens, pressé de rejoindre la mer. Il travaille alors au Croisic sur des langoustiers à bord desquels il part au large pendant six jours. « C’est là que tu apprends le métier, c’est des choses qu’on ne t’enseigne pas à terre. » Il n’a alors que 17 ans mais rêve déjà d’être le patron de son propre bateau. « La langoustine, ça m’a permis pendant un an de mettre de l’argent de côté », explique-t-il. Désormais, ce rêve, un bateau devenu sa « deuxième maison », se nomme Le P’tit Paluche, un hommage à son père. « Paluche était son surnom, donc moi, ici, c’est Petit Paluche. »
Les vagues se sont calmées face à la plage de Saint-Brévin. Pendant près d’une heure et demie, le chalut est traîné pour attraper les fameuses crevettes grises dans les fonds marins. Pour passer le temps, dans sa petite cabine où résonnent des notes de rap, Pierre grille cigarette après cigarette et joue avec son téléphone. « Bientôt, je vais mettre une télé là », s’amuse-t-il en pointant depuis son siège l’espace à côté des commandes. « Faut en pêcher pour être rentable » Lorsqu’il remonte ses filets, son visage se durcit. La pêche semble maigre. Dans le bac de tri, crabes, poissons et étoiles de mer gisent au milieu des crevettes grises. Pierre commence le triage tout en renvoyant à la mer ces poissons indésirables qui feront le festin des goélands rassemblés autour du bateau.
Avant de lancer une deuxième fois le filet, il tente d’y ajouter plus de poids à l’aide de chaînes. Une heure plus tard, une fois remonté, le deuxième filet n’est pas plus heureux que le premier. « C’est minable », soupire Pierre, inquiet. Il actionne pour la troisième fois son chalut, pessimiste : « D’habitude, je fais 15 ou 20 kg de crevettes par chalut ; là, je fais 1 à 2 kg. J’appelle les autres ; eux, tout va bien, je ne comprends pas. » À seulement 18 ans, Pierre doit tenir le cap dans un métier qui laisse peu de répit. Six jours par semaine, il travaille près de douze heures par nuit jusqu’à 6 h du matin, soumis aux aléas des courants et des marées. Il lui faudra du temps pour atteindre la rentabilité. « Je pense dans dix ans, confie-t-il. À 9 € le kilo de crevettes grises, faut en pêcher pour être rentable. » Plus de 50 à 100 kg à chaque sortie en mer. « C’est fini ce métier de m… »
Crevettes roses Alors, comme son père avant lui, il veut voir plus loin et se diversifier. Dans quelques mois, il posera ses 500 casiers à Mesquer pour pêcher la crevette rose. « Avec la crevette rose, tu mets tes casiers et tu reviens deux jours après, ça te prend trois heures. Là, à la crevette grise, je passe douze heures à gagner la moitié. » Puis, il y aura la pêche à la civelle en hiver, petite anguille devenue l’or blanc de la Loire, à 350 € le kilo. Pierre doit bientôt obtenir la licence, un sésame convoité pour cette pêche très réglementée. Un soulagement.
21 h 30. Le jeune marin sort pour la troisième fois son filet. Cette fois-ci, la prise n’ira pas jusqu’au bac de tri. Désabusé, Pierre rejette à la mer le maigre butin. « Que des crabes », souffle-t-il. Il préfère désormais retourner au port. « Je ne veux pas perdre d’argent avec le gasoil. Là, j’ai 18 € de pêche pour 13 € de gasoil. » En rentrant, il passera quelques coups de fil. « Faut demander des conseils à mes petits anciens », comme il aime à surnommer les autres marins du port, ses aînés.
Claire Duhamel/Ouest-France 26/08/2018
« Suite au poème d’ Anatole LE BRAZ, j’aimerais partager, avec vous, un reportage sur un jeune pêcheur d’aujourd’hui. Pierre, 18 ans et 3 mois, nous parle de son métier avec beaucoup de franchise. Il affronte les marées comme il le dit si bien : « c’est un métier de passion, d’espoir et de déconvenue. » Je rajoute que c’est un métier de grand courage pour un si jeune homme. ADMIRATION !!!!
Nous sommes très loin du monde politique et de ses arrangements ):
Ils avaient dit bonsoir aux femmes En train de coucher les petits ; Et, sur le dos mouvant des lames, A la brune, ils étaient partis. Ils étaient partis, à mer haute, Pour conquérir le pain amer Qu’il faut gagner loin de la côte, Au péril de la haute mer. Dans la nuit, la nuit sans étoiles, Ils disparurent… A Dieu vat ! Le Guilvinec pleure cinq voiles, Et cinq autres Leskiagat. Pêle-mêle, mousses imberbes, Patrons chenus, fiers matelots Roulent, fauchés comme des herbes Par le vent, ce faucheur des flots. Oh ! la triste chanson d’automne, Et qu’il fera froid, cet hiver, Dans le cœur dolent des Bretonnes, Veuves tragiques de la mer !
Anatole LE BRAZ (1859-1926)
François GUEHO (1881-1952)
Image à la une: « A ma dame 1904 », François GUEHO….
» Toutes ces tempêtes éternelles aujourd’hui comme hier,
mes pensées attristées s’en vont vers ceux qui souffrent des intempéries à travers le monde et tout près de chez nous »….
Ils sont tombés (paroles Aznavour, musique de Georges Garvarentz)
Ils sont tombés sans trop savoir pourquoi Hommes, femmes et enfants qui ne voulaient que vivre Avec des gestes lourds comme des hommes ivres Mutilés, massacrés les yeux ouverts d’effroi Ils sont tombés en invoquant leur Dieu Au seuil de leur église ou le pas de leur porte En troupeaux de désert titubant en cohorte Terrassés par la soif, la faim, le fer, le feu
Nul n’éleva la voix dans un monde euphorique Tandis que croupissait un peuple dans son sang L’ Europe découvrait le jazz et sa musique Les plaintes de trompettes couvraient les cris d’enfants Ils sont tombés pudiquement sans bruit Par milliers, par millions, sans que le monde bouge Devenant un instant minuscules fleurs rouges Recouverts par un vent de sable et puis d’oubli
Ils sont tombés les yeux pleins de soleil Comme un oiseau qu’en vol une balle fracasse Pour mourir n’importe où et sans laisser de traces Ignorés, oubliés dans leur dernier sommeil Ils sont tombés en croyant ingénus Que leurs enfants pourraient continuer leur enfance Qu’un jour ils fouleraient des terres d’espérance Dans des pays ouverts d’hommes aux mains tendues
Moi je suis de ce peuple qui dort sans sépulture Qu’a choisi de mourir sans abdiquer sa foi Qui n’a jamais baissé la tête sous l’injure Qui survit malgré tout et qui ne se plaint pas Ils sont tombés pour entrer dans la nuit Éternelle des temps au bout de leur courage La mort les a frappés sans demander leur âge Puisqu’ils étaient fautifs d’être enfants d’Arménie
En 2003, dans sa biographie Le temps des Avants, publiée chez Flammarion, Charles Aznavour s’adresse à un ami turc, l’enjoignant à reconnaître legénocide arménienperpétré sur ordre du gouvernement Jeune-Turc en 1915. Un génocide toujours nié par l’État turc. Auparavant, en 1975, Aznavour avait chanté « Ils sont tombés »en hommage aux 1.500.000 victimes arméniennes,un génocide alors totalement oublié sauf par les descendants des victimes ou des rescapés. Seule la Turquie, qui n’était pourtant pas désignée dans les paroles de la chanson, protesta officiellement contre ce texte, reconnaissant ainsi implicitement sa responsabilité dans le meurtre d’une nation.
Le résistant,Missak Manouchian, que la famille Aznavourianavait aidé et caché durant l’occupation nazie à Paris, avait écrit à propos du jeune Charles Aznavour : « tu deviendras l’honneur du peuple arménien et la fierté de la France ». Une prédiction parfaitement réalisée. « Adieu Monsieur Aznavour. Arméniens ou Français, nous sommes tous orphelins depuis ce 1er octobre 2018. »
Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
Lettre à un ami turc
Tu as une épine dans le pied Mon frère J’en ai une dans le cœur, Pour toi Comme pour moi Elle rend les choses difficiles Inconfortable
La rose a des épines Si l’on n’y prend garde Une goutte de sang peut perler au bout des doigts Mais si l’on fait attention Elle fait don de sa beauté, Embellit et parfume nos jours Allant même Jusqu’à flatter notre palais Par ses douceurs.
J’aime les roses Leurs épines existent Nous n’y pouvons rien Mon frère…. Si tu décidais d’extraire L’épine que j’ai au cœur Celle que tu as dans le pied Disparaîtrait d’elle-même Et nous serions toi et moi Libérés et frères …
Charles Aznavour
« Extrait de son livre « Le temps des Avants », Flammarion
Quand Aznavour a reçu, en 2016, une étoile d’honneur à Hollywood, remise par la communauté arménienne de Los Angeles, il a dit :
« Ce qui m’amuse beaucoup, c’est que la Turquie a raté quelque chose, ils n’ont pas un seul grand chanteur, ce qui prouve que les génocides ne servent à rien, il y a toujours des survivants. »
belle leçon Mr Aznavour….
Je voulais partager, avec vous, cette bouleversante chanson de Charles Aznavour et ce texte si émouvant de Charles à son ami ! N’oublions jamais le génocide Arménien et prenons conscience aussi que d’autres pays vivent aujourd’hui encore cet enfer….
Essayons de garder l’espoir d’un monde en paix…
Eveline56
image à la une: l’œuvre « 24 Avril 1915 » du peintre d’Arménie Hovhannès Haroutiounian
Charles Aznavour vient de nous quitter à l’âge de 94 ans mais un artiste aussi talentueux ne s’en va pas vraiment, il reste près de nous et continuera à nous chanter ses magnifiques chansons au creux de l’oreille…. Eveline56
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