Alfred Guillou.. Bretagne éternelle !

Jeune Paysanne (1892)

La ramasseuse de goémon (1899)

Le bouquet de primevères – 1890
 Mère et enfant au bord de la mer 

À Douarnenez en Bretagne

On respire du sel dans l’air,
Et la plantureuse campagne
Trempe sa robe dans la mer,
À Douarnenez en Bretagne.

À Douarnenez en Bretagne,
Les enfants rôdent par troupeaux ;
Ils ont les pieds fins, les yeux beaux,
Et sainte Anne les accompagne.

Les vareuses sont en haillons,
Mais le flux roule sa montagne
En y berçant des papillons,
À Douarnenez en Bretagne.

À Douarnenez en Bretagne,
Quand les pêcheurs vont de l’avant,
Les voiles brunes fuient au vent
Comme hirondelles en campagne.

Les aïeux n’y sont point trahis ;
Le coeur des filles ne se gagne
Que dans la langue du pays,
À Douarnenez en Bretagne.

Sully Prudhomme publié dans ses Stances et Poèmes en 1865

Quelques jolies toiles du peintre breton Alfred Guillou (1844 – 1926) accompagnées d’un poème de Sully Prudhomme. Nous sommes au XIXème siècle, en Finistère.

Bises bretonnes

Eveline56

Le coucou chante contre mon cœur,

Julien Bosc,

« Le geai des chênes s’est fait une raison et dort contre ma joue
Si je prends froid les hirondelles virevoltent autour de mon visage
L’évente évente tant que la fièvre n’est tombée
Si la mélancolie survient le coucou chante contre mon cœur
Si lui est dans la peine je le berce et console en attendant qu’il s’apaise
Ce que je dois à tous ?
La fraternité que le monde a perdue
La tendresse sans forcément demande immédiate de retour
N’oubliant pas ce qu’eux seuls savent offrir :
Une multitude de couleurs afin de réjouir l’âme et déchirer la nuit »
Eveline 56

« N’avez-vous jamais vu ces vagues qui touchent le ciel ?
Ces rouleaux d’écume qui font naître les anges ?
Ces multiples couleurs d’un ciel bleu à l’autre en passant par des verts, des noirs, des gris ?
Ces voix graves aiguës venus de qui sait où ?
Ces chants d’un cœur qui conjurent l’impensable ?
Ces bruits de tous les diables ?
Le fin filet de voix de la tempête puis le silence immense ?
Ne les avez-vous entendus ?

Moi si
c’est pourquoi je chante
Sans rien inventer
Faudrait sinon de l’imagination
Ah bienheureux tous ceux qui la possèdent
Je la leur laisse » Julien Bosc..

« Cette semaine, J’aimerais partager avec vous les mots emplis d’émotion et de tourment d’un poète de grand talent, Julien Bosc.  » Eveline

Le coucou chante contre mon cœur, Le Réalgar, 2020.

Julien Bosc est né en 1964 à Boulogne-Billancourt.
Il s’est d’abord intéressé au théâtre et à la mise en scène. En 1989, il quitte Paris pour s’installer dans la Creuse et se consacrer à l’écriture. Il publie son premier livre, l’Oculus, en 1992. Il se passionne également pour l’ethnographie et pour les Lobi. Reconnu comme spécialiste de l’art lobi du Burkina Faso, il est chargé par le Musée du Quai Branly d’organiser l’espace consacré à cet art. En 2013 il fonde sa maison d’édition : « le phare du cousseix ». Il publie des plaquettes de poésie. Il a lui-même écrit et publié des recueils de poésie chez divers éditeurs.
Julien Bosc est mort en septembre 2018.

Goutte d’os, Collodion, 2020.

Elle avait sur le sein des fleurs de mimosa, la tête à l’envers, 2019.

Le verso des miroirs, Atelier de Villemorge, 2018.

Vers l’automne..

Je me promène et marche vers la cabane au toit de chaume,

tout près de l’étang de Lannénec,

sérénité..

les senteurs de l’automne arrivent, légères encore

personne à l’horizon

je respire..

Eveline56

D’un jardin.. d’une pierre..

il ne faudrait pas oublier les pierres..

D’un jardin

D’un jardin de pierres

car il ne faudrait pas oublier les pierres

écouter celui qui les connaît

qui vous dira qu’elles vivent

qu’elles respirent

c’est une autre science

qu’on loge au creux de la paume

sur le rebord d’une fenêtre

d’un muret au fond de la poche

comme les étoiles

on ne doute pas qu’il s’en trouve une

à soi

Anne Brousseau

Je vous souhaite de passer une très belle semaine et de regarder les pierres autour de vous comme un message d’authenticité et d’espoir.. Éveline

Tout doit disparaître

LIQUIDATION

Extraits de François de Cornière, Tout doit disparaître,
© Le dé bleu, 1984

parfois on recherche un poème
pour une phrase
qu’on a lue on ne sait plus quand
mais qui revient – pourquoi –
à la mémoire
à cause peut-être d’une impression
pareille à celles qui font croire
qu’on a déjà vécu ce moment-là
alors on feuillette des livres
on s’arrête sur des mots des images
et on s’aperçoit qu’au fond
on n’a jamais rien lu
ou plutôt que c’est jamais fini la poésie
quand bien même on passe des nuits
à courir le long des rails
pour rattraper ce qui s’en va
comme un jour on s’arrête
devant une boutique de souvenirs
avant la saison sur la côte
pour une pancarte en lettres bâtons
qui dit que TOUT DOIT DISPARAÎTRE

François de Cornière

À tous mes amies et amis fidèles, je souhaite une excellente semaine !!! Eveline

Comm’si la Terre penchait ..

Tout droits réservés Pascal Taguet
Pascal Taguet

« Je choisis souvent des lieux de passage, de la vie de tous les jours, comme des rues, des places, des maisons, des ports, des bateaux, ou encore un café ou un grenier, explique l’artiste. Ce sont des lieux de vie ou de travail. Ne pas mettre de personnages est un choix, cela permet à chacun de s’approprier le lieu, et de se raconter sa propre histoire, d’en faire sa propre interprétation. » Pascal Taguet

Tout droits réservés Pascal Taguet
Tout droits réservés Pascal Taguet

« Pendant ses études à l’école des beaux-arts de Lorient, Pascal Taguet a beaucoup étudié la lumière particulière de la Bretagne, la nature et ses effets, du sable coloré au remodelage des plages, en passant par l’étude du vent… travail sur l’éphémère, le « Land Art »Il a consacré de longues années à rechercher la perfection du trait dans ses dessins, ses pastels douces caressant les formes, redonnant la vie en l’accentuant, mettant en relief formes et couleurs, notamment au travers de natures mortes.Depuis plusieurs années, il se consacre à la peinture à l’huile, technique qui exalte son approche particulière de la décomposition des couleurs, arrivée à une maturité dans les contrastes fondus.Il adopte désormais un style plus dépouillé, tels des glacis. S’il reste figuratif, les sujets sont réinventés dans leurs lignes, les contrastes accentués « .. Arts d’été Plœmeur 2020

Tout droits réservés Pascal Taguet

Christophe Comm’si la Terre penchait..

« Aucun personnage sur Les toiles de Pascal Taguet, juste un univers en courbes.. Quand je regarde ses tableaux, j’ai l’impression de tanguer et je rêve d’entrer dans cet univers flou et si lumineux. Je reconnais certains endroits de ma ville et les contempler arqués me ravissent. Comm’si la Terre penchait…..

Admiration pour le travail original et si harmonieux de cet artiste de talent ,Pascal Taguet, et bonheur de partager quelques œuvres avec vous cette semaine. « 

Eveline56

Note : 5 sur 5.

Les mains d’or .. Bernard Lavilliers  

Je partage avec vous cette semaine la chanson de Bernard Lavilliers « Les mains d’or », hymne aux travailleurs du monde entier.

Ce chanteur et poète nous offre là une chanson intemporelle d’une rare beauté, nous parlant des duretés de la condition ouvrière et des souffrances du chômage.

Lavilliers raconte ainsi la genèse des mains d’or: « J’étais à Toulouse quand j’ai écrit ce texte, dans ma chambre d’hôtel. À la télévision, je voyais des usines qui fermaient et des salariés qui disaient :  » On veut travailler, c’est tout ce qu’on demande. » (…) Grâce au destin, mon père, qui a travaillé toute sa vie à la manufacture d’armes de Saint-Étienne, a échappé à ça. Il n’a pas été viré ni mis en préretraite. »

J’écoute souvent ses albums qui contiennent des chansons rares et si belles….

Eveline56

« Un grand soleil noir tourne sur la vallée
Cheminées muettes – portails verrouillés
Wagons immobiles – tours abandonnées
Plus de flamme orange dans le ciel mouillé

On dirait – la nuit – de vieux châteaux forts
Bouffés par les ronces – le gel et la mort
Un grand vent glacial fait grincer les dents
Monstre de métal qui va dérivant

J’voudrais travailler encore – travailler encore
Forger l’acier rouge avec mes mains d’or
Travailler encore – travailler encore
Acier rouge et mains d’or

J’ai passé ma vie là – dans ce laminoir
Mes poumons – mon sang et mes colères noires
Horizons barrés là – les soleils très rares
Comme une tranchée rouge saignée sur l’espoir

On dirait – le soir – des navires de guerre
Battus par les vagues – rongés par la mer
Tombés sur le flan – giflés des marées
Vaincus par l’argent – les monstres d’acier

J’voudrais travailler encore – travailler encore
Forger l’acier rouge avec mes mains d’or
Travailler encore – travailler encore
Acier rouge et mains d’or

J’peux plus exister là
J’peux plus habiter là
Je sers plus à rien – moi
Y’a plus rien à faire
Quand je fais plus rien – moi
Je coûte moins cher – moi
Que quand je travaillais – moi
D’après les experts

J’me tuais à produire
Pour gagner des clous
C’est moi qui délire
Ou qui deviens fou
J’peux plus exister là
J’peux plus habiter là
Je sers plus à rien – moi
Y’a plus rien à faire

Je voudrais travailler encore – travailler encore
Forger l’acier rouge avec mes mains d’or
Travailler encore – travailler encore
Acier rouge et mains d’or… »

Paroles : Bernard Lavilliers. Musique : Pascal Arroyo. album « Arrêt sur image  » 2001.

Magnifique..  

 

Quand le soleil se couche..

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Soirée au bord de l’Océan, entourée des miens.. Nous regardons le soleil se coucher, mes petites fées construisent des châteaux de sable. la magie est là qui nous entoure et nous sommes heureux. Beauté irréel du ciel, comme un rêve, j’aimerais que ce moment dure longtemps. Il sera là dans ma mémoire comme une consolation pour les jours gris, ceux de l’inquiétude…….

Je vous souhaite des moments harmonieux à tous (tes),

BEL ÉTÉ !

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Photos: Eveline56

 

la mer et la lumière !

 

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J’ouvre les yeux, la mer et la lumière me brûlent jusqu’au fond de mon corps, mais j’aime cela. Je respire, je suis libre. Déjà je suis portée par le vent, par les vagues. Le voyage a commencé.

J.M.G Le Clézio

Bonne et douce soirée.    

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PHOTOS: Eveline56

 

 

 

 

 

 

 

 

Ombre et lumière..

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Après l’Homme

Après l’Homme, après l’Homme,
Qui dira aux fleurs comment elles se nomment ?
Après l’Homme, après l’Homme,
quand aura passé l’heure de vie du dernier Homme.

Qui dira aux fleurs
combien elles sont belles ?
N’y aura de cœur
à battre pour elles.

Après l’Homme, après l’Homme,
que sera encore le mot « merveilleux » ?
Après l’Homme, après l’Homme,
quand le dernier des hommes aura vidé les lieux.

Qui dira de la Terre
Qu’elle est sans pareille
et que dans l’Univers
elle est fleur de Soleil ?

Après l’Homme, après l’Homme…

Viens-t’en donc pour lors,
viens-t’en donc l’ami,
et chantons encore
le jour d’aujourd’hui.

Esther Granek, De la pensée aux mots, 1997

Je souhaiterais partager avec vous  ce si précieux et salvateur poème d’Esther Granek qui nous parle de la terre et nous fait réfléchir à l’importance de l’humain  dans ce bas monde. Mais nous lui devons le respect à notre terre. Préservons là pour les générations futures afin qu’elles chantent longtemps le jour d’aujourd’hui………

Photos: Eveline56

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