La sentinelle tranquille sous la lune Soazig Aaron
Résumé:
Un homme jeune, Jean, revient chez lui plusieurs mois après l’armistice de 1918. De ce retour tardif, on apprend peu à peu les raisons. Comme il a été prévu, sa mère attend qu’il reprenne le domaine, dirigé pendant la durée de la guerre par son frère infirme, Aristide. Mais il refusera cette place programmée et partira. Des décennies plus tard, les actes de la vie de Jean seront racontés à une enfant qui elle-même prendra en charge l’histoire et l’écrira. La narration circule ainsi sur un demi-siècle, avec les découvertes, les doutes, les interrogations, les ajustements et l’imagination nécessaires à la construction de ce qui devient un roman, évoluant entre drame, humour et émotion.
Prix littéraire Prix Michel-Dard 2010
André Mazeyrie « soldat blessé »
Extrait : « le revenant n’a plus de passé, on ne le reconnaît plus, tu comprends, il ne peut pas redevenir, seulement devenir parce qu’il est quelqu’un d’autre, d’une autre espèce peut-être, quelque chose de cet ordre, c’est ce que je crois, disait-il, et ce n’est pas facile à comprendre, petite. «
« Une guerre honteuse, mère, comme toutes les guerres, et nous avons tout perdu. Des millions de morts, des mutilés par milliers, des orphelins et des veuves en pagaille, vous trouvez que c’est une victoire ?
« c’est juste qu’il a fallu enregistrer tous ces morts, et leurs noms qu’on traîne derrière nous avec des croix dessus. Il faut bien, mère, que cela cesse un jour, tout ce qu’on a avalé sans broncher. Il faut que tous ces morts cessent de nous emmerder, cessent de mourir toutes les nuits et maintenant le jour… je ne vais pas tenir, mère. »
« … il est satisfait et heureux d’être seul, enfin seul à marcher seul. Depuis presque cinq ans, calcule-t-il, ils ne l’ont plus jamais été. Cette promiscuité qu’ils ont dû subir, avec les rats et toutes les bestioles, avec les morts, avec les vivants – La paix, c’est pouvoir être seul, dirait-il plus tard à Amandine. »
Mon avis:
J’avais lu le premier livre de Soazig Aaron en 2002: « Le Non de Klara ». J’avais tant aimé ce roman extrêmement touchant. Le retour d’une jeune femme des camps. Il m’avait laissé une empreinte indélébile sur le cœur. Je le relie encore ..
Soazig Aaron a écrit, des années après, le plus bouleversant des romans sur le retour d’un soldat de la guerre de 14/18 avec ce titre si beau: « La sentinelle tranquille sous la lune ». Capitaine de l’armée française durant la 1ère guerre mondiale, Jean est revenu plusieurs mois après l’armistice avec ses cauchemars et d’horribles remords. Il tente de survivre. Mais son chemin ne le mènera pas à ce qu’il était avant la guerre, contrairement au choix de son entourage proche. Jean passera par un difficile combat de survie au jour le jour, avec cette culpabilité d’être là alors que tant sont morts. Ce récit aux multiples narrateurs ( Jean, Amandine son épouse et la petite-fille de Jean bien plus tard) est un gros coup de cœur qui demande une attention particulière du lecteur ; n’est ce pas normal pour un tel livre!
Je vous souhaite une semaine paisible.. Eveline
photo Eveline56
« Il faut faire une place aux morts pour que les vivants puissent continuer à vivre. »
J’ai pris en note le nom de l’auteur et les titres, tu les résumes tellement bien qu’on a qu’une envie, se plonger dedans et partager tes émotions !
Bonne fin de semaine. Viviane
Merci de se partage ! C’est exactement ça, après de telles années rien ne peut être comme avant et l’entourage ne veut pas, et ne peut pas le comprendre, c’est une cassure ! Il y a les gueules cassées que nous voyons et les âmes cassées que nous pouvons deviner avec notre sensibilité, mais comprendre pour beaucoup c’est bien difficile … il me semble que ton cœur doit être bien doux pour sentir ces mouvances, un cœur de mère/mer bretonne … gros bisous Evelyne 💛
Je suis toujours très touchée par ce que tu m’écris Catherine; tu as toi aussi une grande sensibilité et j’adore parler de nos petits et grands avec toi.
merci du fond du cœur et gros bisous à toi et à ta famille. 🙂
J’aime beaucoup cette autrice Soazig Aaron. Le titre est à l’image du livre : sublime. J’avais adoré ce roman bouleversant. Merci pour ce beau partage. Te voir parler de tes lectures est réjouissant. Gros bisous 😊
Je suis d’autant plus sensible à ce type de roman que j’ai commencé “À l’Ouest rien de nouveau” — que j’ai laissé sur ma table de chevet. Cette terrible guerre n’a été une victoire pour personne, avec tous ces morts, ces blessés, ces défigurés, ces estropiés à vie.
Je viens de commencer “L’envol du moineau” que tu as recommandé. J’ai du mal à le poser le soir malgré le sérieux besoin de dormir (vive les décalages horaires 😴). Mon seul reproche: comme trop de romans modernes, celui-ci semble ignorer l’emploi du passé comme temps de la narration…
Merci pour tous tes billets, Eveline, gros bisous d’Outre-Atlantique où l’hiver vient de commencer: -7° ce soir! 😘
Merci, je suis si heureuse de recevoir
de tes nouvelles.
🙏💖
Gros bisous Joëlle et bonjour de Bretagne à toute la famille..😚
Une dernière recommandation » couvre toi bien » ❄️🌨️🎇🧣🧥😚
De très beaux livres, certainement. Il y eut des retours difficiles. Un père dont la petite fille était née pendant la guerre a voulu faire connaissance en lui offrant une poupée, mais elle ne connaissait pas le » monsieur » et a pleuré.
Et puis, cela s’est arrangé dans cette famille paisible.
Bises et amitiés bretonnes, chère Eveline 🙂
( <9 ° et du vent : ) )
Ce 11 novembre 2019, Cédric de Pierrepont … Ploemeur,
Plusieursfois engagé sur des théâtres d’opérations au Moyen-Orient, il est tombé, avec un autre commando, le 10 mai 2019 alors qu’il libérait des otages au Burkina-Faso.
À la demande de sa maman, une plaque portant le nom de Cédric de Pierrepont a donc été apposée sur le monument aux Morts de Ploemeur, plaque dévoilée ce lundi par son frère Gabriel Giral.
Et la guerre continue, France. Des hommes jeunes et courageux meurent.
Oui c’est vrai et ce week-end une plaque de commémoration a été apposée sur le monument aux morts de Ploemeur, petite ville près de chez moi. Elle porte le nom de Cédric de Pierrepont, mort au Burkina -Faso en libérant des otages, le 10 mai 2019.
Je crois que c’est toujours difficile d’en parler. On peut évoquer quelques faits, mais évoquer le quotidien, les ressentis, les émotions… Seuls les écrivains bien documentés peuvent écrire sur le sujet. C’est le cas de Soazig Aaron entre autres. Tellement de sensibilité, de talent…
Belle semaine. Bises.
Merci pour ce partage. Bien tentant. Je note.
😘❤🌹
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Merci Solène, bisous 🙏💜😚
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J’ai pris en note le nom de l’auteur et les titres, tu les résumes tellement bien qu’on a qu’une envie, se plonger dedans et partager tes émotions !
Bonne fin de semaine. Viviane
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Merci beaucoup Viviane. Je suis très touchée. Bon week-end, à bientôt 🙏💐
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Merci de se partage ! C’est exactement ça, après de telles années rien ne peut être comme avant et l’entourage ne veut pas, et ne peut pas le comprendre, c’est une cassure ! Il y a les gueules cassées que nous voyons et les âmes cassées que nous pouvons deviner avec notre sensibilité, mais comprendre pour beaucoup c’est bien difficile … il me semble que ton cœur doit être bien doux pour sentir ces mouvances, un cœur de mère/mer bretonne … gros bisous Evelyne 💛
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Je suis toujours très touchée par ce que tu m’écris Catherine; tu as toi aussi une grande sensibilité et j’adore parler de nos petits et grands avec toi.
merci du fond du cœur et gros bisous à toi et à ta famille. 🙂
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Bonsoir Eveline.
Je ne connaissais pas . Merci, c’est émouvant !
Bises
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Merci Annie 🙂
bon Week-end,
bises
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J’aime beaucoup cette autrice Soazig Aaron. Le titre est à l’image du livre : sublime. J’avais adoré ce roman bouleversant. Merci pour ce beau partage. Te voir parler de tes lectures est réjouissant. Gros bisous 😊
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Merci Frédéric 💙
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Je suis d’autant plus sensible à ce type de roman que j’ai commencé “À l’Ouest rien de nouveau” — que j’ai laissé sur ma table de chevet. Cette terrible guerre n’a été une victoire pour personne, avec tous ces morts, ces blessés, ces défigurés, ces estropiés à vie.
Je viens de commencer “L’envol du moineau” que tu as recommandé. J’ai du mal à le poser le soir malgré le sérieux besoin de dormir (vive les décalages horaires 😴). Mon seul reproche: comme trop de romans modernes, celui-ci semble ignorer l’emploi du passé comme temps de la narration…
Merci pour tous tes billets, Eveline, gros bisous d’Outre-Atlantique où l’hiver vient de commencer: -7° ce soir! 😘
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Merci, je suis si heureuse de recevoir
de tes nouvelles.
🙏💖
Gros bisous Joëlle et bonjour de Bretagne à toute la famille..😚
Une dernière recommandation » couvre toi bien » ❄️🌨️🎇🧣🧥😚
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De très beaux livres, certainement. Il y eut des retours difficiles. Un père dont la petite fille était née pendant la guerre a voulu faire connaissance en lui offrant une poupée, mais elle ne connaissait pas le » monsieur » et a pleuré.
Et puis, cela s’est arrangé dans cette famille paisible.
Bises et amitiés bretonnes, chère Eveline 🙂
( <9 ° et du vent : ) )
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Ce 11 novembre 2019, Cédric de Pierrepont … Ploemeur,
Plusieursfois engagé sur des théâtres d’opérations au Moyen-Orient, il est tombé, avec un autre commando, le 10 mai 2019 alors qu’il libérait des otages au Burkina-Faso.
À la demande de sa maman, une plaque portant le nom de Cédric de Pierrepont a donc été apposée sur le monument aux Morts de Ploemeur, plaque dévoilée ce lundi par son frère Gabriel Giral.
Et la guerre continue, France. Des hommes jeunes et courageux meurent.
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Merci Evelyne pour ce joli partage littéraire tout en émotion !!!
Des bisous 😉
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Bisous Val, merci de ta fidélité 🧡
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Intéressant cette transmission d’histoire de génération en génération bisous bonne semaine
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Oui c’est vrai et ce week-end une plaque de commémoration a été apposée sur le monument aux morts de Ploemeur, petite ville près de chez moi. Elle porte le nom de Cédric de Pierrepont, mort au Burkina -Faso en libérant des otages, le 10 mai 2019.
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Je crois que c’est toujours difficile d’en parler. On peut évoquer quelques faits, mais évoquer le quotidien, les ressentis, les émotions… Seuls les écrivains bien documentés peuvent écrire sur le sujet. C’est le cas de Soazig Aaron entre autres. Tellement de sensibilité, de talent…
Belle semaine. Bises.
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Merci Colette. Belle semaine 🙏🧡😙
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Bel article ! Et les extraits sont particulièrement beaux et bien choisis ! Je note le nom de cette autrice, que je ne connaissais pas.
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Elle n’a plus écrit depuis ce livre.. Soazig Aaron me manque.
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Je ne connaissais pas! Le terrible retour du front … Tu nous fais partager toute ton émotion. Merci pour ce partage . Bonne semaine 🍁📚☔🍂
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Je te le conseille Mata.. c’était difficile d’en parler à une certaine époque.. bonne semaine 🙏🧡
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