ne te lasse pas de mêler à ton âme
La campagne, les bois, les ombrages charmants,
Les larges clairs de lune au bord des flots dormants,
Le sentier qui finit où le chemin commence….
Puisque mai tout en fleurs dans les prés nous réclame, Viens ! ne te lasse pas de mêler à ton âme La campagne, les bois, les ombrages charmants, Les larges clairs de lune au bord des flots dormants, Le sentier qui finit où le chemin commence, Et l’air et le printemps et l’horizon immense, L’horizon que ce monde attache humble et joyeux Comme une lèvre au bas de la robe des cieux ! Viens ! et que le regard des pudiques étoiles Qui tombe sur la terre à travers tant de voiles, Que l’arbre pénétré de parfums et de chants, Que le souffle embrasé de midi dans les champs, Et l’ombre et le soleil et l’onde et la verdure, Et le rayonnement de toute la nature Fassent épanouir, comme une double fleur, La beauté sur ton front et l’amour dans ton cœur !
Victor Hugo: “Puisque mai tout en fleurs dans les prés nous réclame” (Le 21 mai 1835)
( Les Chants du crépuscule, 1836 )
J’aimerais partager avec vous ce magnifique poème de Victor Hugo « Puisque mai tout en fleurs »… Pour illustrer cette œuvre poétique, quelques photos fleuries de clématites, étonnantes de beauté ….( Photos Eveline56)
Conservé à Douarnenez depuis 2012, le fonds d’atelier de Michel Thersiquel comprend près de 70 000 clichés. Cette première grande exposition depuis la disparition du photographe en 2007 met en lumière la diversité de son œuvre. « Ce ne sont ni les paysages sublimes de la Bretagne, ni les portraits modelés dans la matière humaine qui tiennent la vedette. Non, et pourtant… les stars ce sont les gens ordinaires, les gens de peu, les obscurs, les sans-grades. Paysans ramassant les pommes de terre à genoux dans leur champ, ligneurs brandissant le bar remonté de haute lutte, patronne de bistrot faisant le lien social devant un calendrier des Postes. Cette Bretagne au travail, dans les petits métiers que Thersiquel mettait « en gloire » comme personne d’autre. L’envers d’un décor de cartes postales pour touristes pressés. à l’époque du « touch’nd go », où on picore de-ci de-là à la superficie des choses, Thersiquel savait arrêter le temps. Le temps qu’il faut pour établir des relations de confiance. Pas d’instantanés volés, mais des tranches de vie reconstruites avec la compréhension complice d’un frère, Michel. »
Une exposition coproduite par la Ville de Quimperlé et le Port-musée de Douarnenez. Association des Amis de Michel Thersiquel
« Cette semaine, je partage avec vous les photos emplies d’humanité de Thersiquel. Son exposition m’a rappelé des souvenirs, des moments d’enfance, des réminiscences de ce que me racontait mes grands-parents, mes parents lors des repas de famille. Telle était la Bretagne du temps passé, dure comme le granit, magnifiquement et douloureusement saisi par Michel Thersiquel. »
Hirondelle qui vient de la nue orageuse Hirondelle fidèle, où vas-tu ? dis-le-moi. Quelle brise t’emporte, errante voyageuse ? Écoute, je voudrais m’en aller avec toi,
Bien loin, bien loin d’ici, vers d’immenses rivages, Vers de grands rochers nus, des grèves, des déserts, Dans l’inconnu muet, ou bien vers d’autres âges, Vers les astres errants qui roulent dans les airs.
Ah ! laisse-moi pleurer, pleurer, quand de tes ailes Tu rases l’herbe verte et qu’aux profonds concerts Des forêts et des vents tu réponds des tourelles, Avec ta rauque voix, mon doux oiseau des mers.
Hirondelle aux yeux noirs, hirondelle, je t’aime ! Je ne sais quel écho par toi m’est apporté Des rivages lointains ; pour vivre, loi suprême, Il me faut, comme à toi, l’air et la liberté.
Louise MICHEL
« L’hirondelle rustique est reconnaissable à sa belle gorge rouge brique, son dos couleur ardoise et son ventre blanc. Sa longue queue se termine par des filets.
je pense que c’est elle que j’ai rencontrée dans mon jardin hier. Je l’ai photographié de ma fenêtre, discrètement, sans oser bouger… Un peu flou parmi les primevères et les azalées. »
Les mots sombres et magnifiques de XAVIER GRALL, les peintures Land’s End de Matthieu Dorval, ainsi se rejoignent les poètes et les peintres de Bretagne…
Eveline56
Les marins
Les vieux de chez moi ont des îles dans les yeux Leurs mains crevassées par les chasses marines Et les veines éclatées de leurs pupilles bleues Portent les songes des frêles brigantines
Les vieux de chez moi ont vaincu les récifs d’Irlande Retraités, usant les bancs au levant des chaumières Leurs dents mâchonnant des refrains de Marie-Galante Ils lorgnent l’horizon blanc des provendes hauturières
Les vieux de chez moi sont fils de naufrageurs Leurs crânes pensifs roulent les trésors inouïs Des voiliers brisés dans les goémons rageurs Et luisent leurs regards comme des louis
Les vieux de chez moi n’attendent rien de la vie Ils ont jeté les ans, le harpon et la nasse Mangé la cotriade et siroté l’eau-de-vie La mort peut les prendre, noire comme la pinasse
Les vieux ne bougeront pas sur le banc fatigué Observant le port, le jardin, l’hortensia Ils diront simplement aux Jeannie, aux Maria « Adieu les belles, c’est le branle-bas »
Et les femmes des marins fermeront leurs volets
XAVIER GRALL (1930-1981)
« L’Océan de l’Ouest » Matthieu Dorval
Solo Solo de mes noyades solo de mes sanglots j’agite des violons brisé sur mes amours mortes mes barques chavirées accrochent des grelots aux chagrins sourds qui lentement m’emportent…
Xavier Grall
« Nos rêves sur les vagues » Matthieu Dorval« Exil au-dessus des eaux » Matthieu Dorval
Cette semaine, je partage avec vous cette magnifique et si émouvante chanson de Brassens « Les passantes« . Les paroles sont du poète Antoine Pol. L’histoire de cette chanson est étonnante et belle:
« L’un des grands regrets de Georges Brassens fut de n’avoir pas pu rencontrer Antoine Pol. Brassens avait contacté le poète pour lui demander l’autorisation de mettre son poème « Les Passantes » en musique. Le poète accepta mais mourut une semaine avant la date de la rencontre ! Antoine Pol ne figure pas dans les anthologies, mais son superbe texte » Les Passantes » est devenu mondialement connu. Antoine Pol est connu pour un poème: Les Passantes . Ce poème fit à lui seul sa notoriété. Il ne nous serait peut-être jamais parvenu si Georges Brassens ne l’avait déniché un jour de 1947 au marché aux puces. Il est tiré des « Emotions poétiques.
Je veux dédier ce poème A toutes les femmes qu’on aime Pendant quelques instants secrets A celles qu’on connaît à peine Qu’un destin différent entraîne Et qu’on ne retrouve jamais
A celle qu’on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s’évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu’on en demeure épanoui
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu’on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu’on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main
A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d’un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D’un avenir désespérant
Chères images aperçues
Espérances d’un jour déçues
Vous serez dans l’oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu’on se souvienne
Des épisodes du chemin
Mais si l’on a manqué sa vie
on songe avec un peu d’envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu’on n’osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu’on n’a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l’on n’a pas su retenir Antoine Pol en 1913.
J’ai choisiJean Béraud, peintre du Paris de la Belle Époque , pour évoquer ces passantes. Belle et douce semaine. Bises bretonnes!
Drame de l’été 44, chapelle du Cloître de Quistinic, 11 blessés et deux soignantes furent exécutés par l’armée nazie. Le rouge représente le sang des victimes sur le chemin…
Samedi 2 février, j’ai eu la chance de rencontrer l’artiste breton Ange Le Bruchec lors de sa « Rétrospective à l’Espace culturel Passe Ouest » à Ploemeur. Né à Quistinic en 1932, Ange Le Bruchec est le peintre de « l’instant présent, de l’instant de vie, ce qui lui offre la beauté en toute chose, le merveilleux, tout autant que la tragédie humaine » (p.3 du joli catalogue d’exposition).
Ange Le Bruchec, avec son humilité et sa gentillesse, nous a parlé de ses toiles, de ses inspirations, de ce qui nourrit son travail d’artiste. C’est au cours de cet échange que j’ai eu la surprise de découvrir qu’il avait vu et apprécié ma note du blog sur son œuvre, publiée il y a quelque temps déjà. J’ai pu lui exprimer mon admiration, mon ressenti face à ses toiles. Notre discussion s’est ensuite portée sur la complexité de ce monde où l’argent et la possession priment sur l’émotion et le partage. Merci M. Le Bruchec !
Je vous ai choisi quelques toiles de cette « Rétrospective à l’Espace culturel Passe Ouest » qui m’ont touchées :
« Toile évoquant le Chemin menant vers Saint Jacques de Compostelle..«
« Souffrances et solitude du migrant.. »
« Toile évoquant le départ de son père vers la Lumière.. »
Est-ce qu’il ne vaut mieux pas
sentir l’odeur des blés
plutôt que de rêver
aux pierres et aux tourments
Winston Perez est un poète d’origine cubaine qui nait en octobre 1971 à Saint Jacques de Compostelle en Espagne, puis vient habiter en France à partir de 1989.
« Vivre »
Est-ce qu’il ne vaut mieux pas sentir l’odeur des blés plutôt que de rêver aux pierres et aux tourments
Est-ce qu’il ne vaut mieux pas revenir à l’Aurore dès qu’on dessine sa route dans l’infiniment pur
Est-ce qu’il ne vaut mieux pas chevaucher une tempête à chaque fois qu’un Autre perd sa foi en l’Azur
Est-ce qu’il ne vaut mieux pas revivre chaque instant lorsqu’on perd une flamme qui ne brillera plus
Est-ce qu’il ne vaut mieux pas vivre pour une danse lorsque la rose éclos et que nul autre adore
Est-ce qu’il ne vaut mieux pas ?
Est-ce qu’il ne vaut mieux pas ?
Winston Perez, 2017
J’aimerais partager avec vous ce poème de Winston Perez qui parle de l’essentiel dans la vie, de sa simplicité si nous choisissons la voie du naturel si loin de l’artificiel. J’ai pris ces photos ce matin entre gris clair et gris foncé, entre éclaircissement et obscurcissement… Comme l’existence… Eveline
La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux :
Son petit faon délicieux
A disparu dans la nuit brune.
Pour raconter son infortune
A la forêt de ses aïeux,
La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux.
Mais aucune réponse, aucune,
A ses longs appels anxieux !
Et le cou tendu vers les cieux,
Folle d’amour et de rancune,
La biche brame au clair de lune.
Poème de Maurice Rollinat
Le Livre de la Nature (1893)
Maurice Rollinat
Tyrus Wong
Peintre illustrateur américain d’origine chinoise, Célèbre artiste, graveur, mais également calligraphe et illustrateur, Tyrus Wong travaillait pour Hollywood. Et Bambi fut l’une de ses créations majeures. C’est grâce à lui que la forêt dans laquelle évolue le faon avait cette dimension irréelle, directement inspirée des peintures paysagères de la dynastie Song. Walt Disney était lui-même tombé amoureux des dessins de Wong et l’avait personnellement choisi pour figurer parmi les dessinateurs du film.
« Un poème que j’aime beaucoup accompagné de sublimes illustrations de Tyrus Wong… » Douce soirée,
Je vous souhaite un Joyeux Noël, que cette journée soit douce pour vous et vos proches … Bises bretonnes mes ami(e)s! Eveline
Noël ! Que nous apportes-tu Dans tes bras si fragiles ? Un cheval ? Une automobile ? Un Pierrot au chapeau pointu ? Noël, que nous apportes-tu ? Nous apportes-tu dans ta hotte Des oranges, du chocolat, du pain d’épices, des nougats Des pralines, des papillotes ? Qu’y a-t-il au fond de ta hotte ? Des joujoux, bien sûr, c’est parfait Et c’est si bon les friandises ! Mais, dans tes menottes exquises Trouverons-nous d’autres bienfaits ? Noël, apporte-nous la Paix !
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.