Mon regard au loin vers le ciel et par delà l’océan….

« j’aimerais partager avec vous mes photos de ce matin,
vent, pluie, ciel gris, ciel bleu, telle est ma Bretagne »…Eveline

DSC03345 (Copier) - Copie
Le Courégant, ce matin…
DSC03346 (Copier) - Copie
Pour moi, tout se déroulait à l’ouest et sur l’océan. Je n’avais que ces mots à la bouche : l’océan, le vent, l’ouest,  Yann Queffélec
DSC03348 (Copier) - Copie
l’île de Groix, à l’horizon
DSC03349 (Copier) - Copie
On dit que l’on y voit sa joie, On dit que l’on y voit sa croix, Je parlais de l’île de Groix, Gilles Servat
DSC03359 (Copier)
De l’endroit où je suis
On voit les bras de mer,
Qui s’allongent puis renoncent
A mordre dans la terre, Yann Tiersen

DSC03368 (Copier)

DSC03370 (Copier) - Copie
Le vent vert reviendra,
faire respirer mon cœur blessé,
Je serais poussé selon son souffle,
Vite et loin en un autre pays,
Je serais emporté par son souffle
Loin d’ici selon ses désirs
Selon ses désirs loin du monde,
Entre la mer et les étoiles. Denez (irvi)

DSC03366 (Copier)DSC03371 (Copier) - CopieDSC03372 (Copier)

Denez Prigent & Yann Tiersen « Va Hent » – Mon Chemin

Toute reproduction interdite sans l’autorisation de l’auteur. 

– © 2019 Eveline M.

Il est des soirs…. Annaïg Le Berre

 

Annaig Le Berre Passeurs d'amour.jpg

Annaig Le Berre Passeurs d'amour.jpg 2.jpg

livret 1[2]
Voici un nouvel extrait du livre d’ANNAIG LE BERRE….

« Difficile de photographier un astre, j’aurai essayé de jouer avec la lune….

 » douce semaine… Bises lunaires !

Eveline t4fedzl_599221299967321winkies_002[1]

 

 

La biche

La biche

La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux :
Son petit faon délicieux
A disparu dans la nuit brune.

Pour raconter son infortune
A la forêt de ses aïeux,
La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux.

Mais aucune réponse, aucune,
A ses longs appels anxieux !
Et le cou tendu vers les cieux,
Folle d’amour et de rancune,
La biche brame au clair de lune.

Poème de Maurice Rollinat

Le Livre de la Nature (1893)

rollinatportrait2Maurice Rollinat

B-320c-1200x879
Tyrus Wong

tyrus-bambi-2.jpg

Peintre illustrateur américain d’origine chinoise, Célèbre artiste, graveur, mais également calligraphe et illustrateur, Tyrus Wong travaillait pour Hollywood. Et Bambi fut l’une de ses créations majeures. C’est grâce à lui que la forêt dans laquelle évolue le faon avait cette dimension irréelle, directement inspirée des peintures paysagères de la dynastie Song. 
Walt Disney était lui-même tombé amoureux des dessins de Wong et l’avait personnellement choisi pour figurer parmi les dessinateurs du film.

Team_Tyrus_(cropped)

« Un poème que j’aime beaucoup accompagné de sublimes illustrations de Tyrus Wong… » Douce soirée,

Eveline

 

 

 

 

 

Au tour du feu invisible….

« Au tour du feu invisible »

Ce jour là,
Il faisait froid,
Un froid glacial,
Un froid à mourir,
Le soldat
ne sentait rien.

Un cri silencieux
au ralenti.
Son arme lourde,
un lourd engourdi.
Une bouche crevassée
et un goût trop sec.

Le blanc de la terre
jusqu’à l’horizon.
Une douleur sans fin
et sans raison.

Partout déchets de corps,
et du sang mélangé.

Parmi ce ravage,
En duo chantent
une cornemuse et une voix,
illuminées,
par un feu invisible.
Silhouettes d’homme
s’approchent de la musique
Comme des étincelles de feu
dans une neige gelée,

Cet instant unique
dans l’histoire du monde.
Hommes réchauffés
pour survivre une journée.
Courageuse et inspirée,
Cette harmonie des ennemis.

« Au tour du feu invisible », Chloé DOUGLAS, 2009

119966733.jpg

ob_b58c42_mathurin-meheut-le-salut-au-mort.jpg
Les Brancardiers, Mathurin Meheut

 

 

sauterelle.jpg
Mathurin Méheut, Un guetteur, Bois de la Gruerie, Argonne, septembre 1915, musée Mathurin Meheut

11 Novembre 2018… Eveline 56

 

 

 

 

La mer chante….

DSC02951.JPGDSC02929.JPGDSC02944.JPG

La mer chante ?
Sans arrêt et la bande son qu’elle diffuse est capitale pour le marin. Lorsqu’il fait nuit, il n’a pas d’autre point de repère que sa chanson. Le son de chaque instrument compte, celui du vent, des vagues, leur sifflement déchirant contre la coque.       (Olivier De Kersauson)

DSC02869.JPGDSC02901DSC02914

 

La mer est un univers.Si on l’observe, elle prévient de tout. Un coup de vent a toujours un signe annonciateur.

Il y a une lecture de l’océan et du monde maritime que des années d’observation donnent et développent. Un équateur en Pacifique n’a rien à voir avec un équateur en Atlantique. Les bleus ne sont pas les mêmes, les systèmes éoliens ne circulent pas de la même façon.

Jusqu’à 1900, il fallait écouter et regarder la mer pour comprendre. Depuis, les marins ne fonctionnent qu’avec les instruments de navigation, et les pêcheurs ont des sondeurs : plus personne ne regarde la mer.

Océan’s songs.  Olivier de KERSAUSON

RCBV136842823500_gros   mes photos m’appartiennent…. 😉

L’automne est là, il faut se couvrir un peu plus mais les balades face à l’océan restent magiques….Bises de Bretagne ! Eveline

 

♪ La Quête ♪

DSC02841
♪ La Quête ♪

Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part

Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile

Telle est ma quête,
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l'or d'un mot d'amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu'un malheureux

Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler
Pour atteindre l'inaccessible étoile

JACQUES BREL

 

DSC02852

DSC02850

La Quête est une chanson interprétée par Jacques Brel en 1968, extraite de L’Homme de la Mancha, adaptation française par Jacques Brel de la comédie musicale américaine Man of La Mancha.

« Ce matin, à la radio, j’entends la voix de Brel, il chante  » la quête »… Je suis en voiture, il fait beau et j’écoute ce sublime texte, cette mélodie et cette voix, la gorge serrée par l’émotion…

 J’ai voulu partager ce beau moment, comme suspendu, avec vous. Ces photos du ciel matinal ne pouvaient  » rêver » meilleur accompagnement…. » BISES …. Eveline 

 

 

RCBV136842823500_gros
photos Eveline56

 

 

 

 

 

J’ai longtemps marché….

J’ai longtemps marché

Au bord du précipice
Mon foulard s’est envolé
Et des souvenirs en pagaille
Dans ma tête sursautaient.

J’ai longtemps marché…

Le ciel sur moi est tombé
Je ne l’ai pas entendu
Et la lumière s’est éteinte
Les projecteurs se sont tus.

J’ai longtemps marché…

Des flashbacks enchaînés
Sur le fil de la vie
Des cailloux dans les poches
Égratignaient mes envies.

J’ai longtemps marché…

Dans mes paumes de main
J’ai caché la voie lactée
En un claquement de doigts
Les étoiles se sont marrées.

J’ai longtemps marché…

Au bord du précipice
Mon regard s’est fixé
Un pas en avant
Trois pas en arrière
Il n’est pas trop tard
Pour bien faire
Non, il n’est pas trop tard…

J’ai longtemps marché,
J’ai longtemps marché,
J’ai longtemps marché…

( extrait de Sur un fil…)

31fEqkVlPbL._SX327_BO1,204,203,200_

Sandrine Davin est née en 1975 à Grenoble où elle réside toujours.
Elle est primée par la Société des poètes français pour l’un de ses poèmes, « Lettre d’un soldat ».
Déjà auteure de huit recueils de poésie, elle renouvelle l’expérience avec un neuvième recueil intitulé « Dans la nuit sourde ».

Dans la nuit sourde
Les silences résonnent sans fin
Et sur les murs d’absence
Les sourires se figent
Sans bruit….

6ee82ea9096ee3139f14ffbb7de64fe6.jpeg

Kobayashi_Maiko_Tokyo_001 2013s
maiko Kobayashi

« Je suis heureuse de vous retrouver et de partager avec vous ce poème de Sandrine Davin que j’ai associé aux  petits êtres de Maiko Kobayashi qui sous leurs airs naïfs cachent dans leurs yeux et leurs attitudes une immense solitude.

J’ai la chance d’avoir passé un été très entouré par ma famille, mes amis mais j’ai vu tant de solitude et de désarroi dans certains regards croisés au fil de ces mois d’été que j’ai souhaité en parler avec vous. Triste constat mais bien réel. »

bises bretonnes à tous ………
de79b5ec88c52e97ec7dd1671750a909

 

 

 

 

Offrande….

DSC02641

 

DSC02634 (Copier)

Offrande

Au creux d’un coquillage
Que vienne l’heure claire
Je cueillerai la mer
Et je te l’offrirai.
Y dansera le ciel
Que vienne l’heure belle.
Y dansera le ciel
Et un vol d’hirondelle
Et un bout de nuage
Confondant les images
En l’aurore nouvelle
Dans un reflet moiré
Dans un peu de marée
Dans un rien de mirage
Au fond d’un coquillage.
Et te les offrirai.

Esther Granek, Je cours après mon ombre, 1981

DSC02627 (Copier)

Ce court moment de poésie, moment précieux où je lis ce poème d’ Esther Granek, je le partage avec vous….

photos Eveline56 ( coquillages )

Miou14150970922022_art (Copier)

 

Poèmes de nuit, poèmes de jour ….Barzhonegoù noz, Barzhonegoù deiz

Poèmes de nuit, poèmes de jour

Si j’écris à l’ombre de ma lampe
Des vers maladroits et creux
Avec ce petit outil mal assuré dans ma main lasse
Si j’écris le soir au dos d’enveloppes
Des poèmes humbles : camelote
Où l’on ne trouve que des fleurs sauvages…
Et quelques miettes d’amour.
Car tout cela je le fais pour ceux que j’aime.

Mais j’écris, moi, d’autres poèmes
Et ce n’est pas à l’ombre de ma lampe
Mais à la lumière du soleil
Ce n’est pas au dos d’enveloppes
Mais sur la poitrine nue de Celui que j’aime
Sur la peau nue du Pays que j’aime
Ce n’est pas avec un outil que j’écris
Mais avec des instruments d’acier.
Je ne parle pas de lance ou d’épée
Mes instruments sont de paix et de culture.

Je n’écris pas des vers de douze pieds
En comptant sur mes doigts
Mais de douze fois douze enjambées… et plus.
Mes vers, je les écris avec l’acier tranchant de ma faux
Andain après andain dans les cheveux blonds de mon Pays
Le soleil en fait des poèmes aromatiques
Que mes vaches ruminent pendant les nuits d’hiver

Mes vers je les écris avec le soc de la charrue
Dans la chair vivante de ma Bretagne, sillon après sillon
— J’y dissimule des graines d’or —
Le Printemps en fera des poèmes :
Mers d’émeraude ondulant dans la brise
L’été en fera des étangs d’épis
Le vent d’août les mettra en musique
Et le chœur de la batteuse me chantera
Les journées ardentes du huitième mois
Les journées de peine de poussière de sueur.
Mes Poèmes sacrés et… méprisés !

ANJELA DUVAL, Janvier1966

(Traduit du breton par Paol Keineg)

 

20180420_194334.jpg

Promenade au bord de la mer si belle…. Le soir tombe et je pense à ce poème d’Anjela qui parle d’amour et de paix : « Mes instruments sont de paix et de culture ».

Poèmes de nuit, poèmes de jour…. Barzhonegoù noz, Barzhonegoù deiz

cropped-eve.jpg           a-greiz kalon… Du fond du cœur… Eveline56

 

 

 

Tereza… Le fil du temps  » red an amzer »

P1010007
photo Eveline M.
Divagations 

 

Dans mon vocabulaire
Il est d’étranges synonymes
Mer, maison, sécurité, soleil . 
Mer, mort, angoisse, nuit.
Et comme la nuit succède au jour
C’est inéluctable ,
L’angoisse est fille du soleil.
J’ose penser à ma mère
Dans la sécurité de la maison
Qui tient à distance l’angoisse.
La mort atteint toujours quelqu’un que j’aime
Ma propre mort je n’y pense jamais.
Peut être suis je morte une première fois
Quand mourut ma mère ?

 

Monde étrange des mots
Devenus des symboles :
La maison est un ventre chaud
Qui rassure les vieux enfants
Et la nuit est supportable
Parce que l’aube ramènera la lumière.
Le soleil et la mort se donnent la main
Comme frères jumeaux.
L’angoisse  m’enveloppe d’ombre
Au plus haut du soleil .
Ainsi toujours il faut vivre
En mêlant le blanc et le noir
La lumière et l’obscurité.
Et le bonheur c’est d’accepter
Que toutes ces choses entrelacées
Fassent  la trame de la vie.

 

TEREZA

Livre bilingue. Textes bretons avec traduction française en regard.

le-fil-du-temps-red-an-amzer
Tereza

Tereza Desbordes est une éditrice et écrivain en langue bretonne qui a travaillé pendant 28 ans pour Mouladurioù Hor Yezh. Au long des années, elle a écrit des poèmes. Voici rassemblés un choix d’entre eux qui témoignent de ses sources d’inspiration: la nature, la mer, la vie, l’amour sous toutes ses formes, avec de temps en temps une pointe d’angoisse car l’angoisse fait partie de notre quotidien…………….. Son engagement militant en faveur de la culture bretonne passe par l’Institut culturel de Bretagne. Elle a présidé durant plusieurs années la section Littérature écrite. Elle est décorée de l’ordre de l’Hermine…

«  Je découvre Téréza à la médiathèque et j’ai un vrai coup de foudre pour ses poèmes qui nous parlent du temps qui passe… Certains de ses écrits m’émeuvent aux larmes.  » Divagation » en fait partie. je partagerai avec vous certains de ces trésors au fil du temps »…….

Ici grand soleil !  Je vous souhaite de belles journées  dorées . Bises bretonnes

images 

Image à la une: Nicoletta Ceccoli 🙂

Au pied de la première racine…

20180227_161916

Au pied de la première racine

Au pied de la première racine,
De la première herbe,
Du premier sous-bois
Du temps premier
Dormait la paix.
Et tournent les nuits, et tournent les jours,
Navigue la vie, navigue l’amour,
Sur l’aile du vent les rêves trépassent,
Sur la mer du temps se ride l’espace,
Vogueront les jours, vogueront les nuits,
Tournera l’amour, tournera la vie,
Dans les bras du vent tournera la terre,
Dans la mer du temps sombre le mystère.
Au bout de la dernière feuille,
De la dernière branche,
Du dernier arbre
De la dernière forêt
Du dernier temps
Eclatera le jour
S’éveillera la Paix.

Madeleine Guimont

 

20180227_161921.jpg

« Triste temps où l’on voit des hommes de courage, innocents et silencieux, nous quitter »  Eveline56

photos Eveline Malonda


 

 

J’ai toute une maison de mots….

TandAime
Déborah Chock

Un-Jour-elles-Soeuront

Scan0001

Ecrire-Mot-à-Maux.jpg
Déborah Chock
Nous-sommes-tous-VACA-Terre.jpg
Déborah Chock
ben.png
Benjamin Vautier, Ben

« Cette semaine , j’aimerais partager avec vous tous les mots dans l’art de la poésie, de la peinture, ces mots de tous les jours, si beaux et que nous prononçons sans y penser…. Choisissons les avec délicatesse pour ne pas blesser mais pas seulement, avec force contre l’injustice, en chantant quand nous sommes heureux, de drôles de mots pour rire et des mots bleus pour pleurer » …. DOUCE SEMAINE …. Eveline56

Artistes: Benjamin Vautier Déborah Chock….

 images

L’arbre va tomber….

DSC01899 (Copier).JPG

DSC01901 (Copier).JPGDSC01902 (Copier).JPG

DSC01900 (Copier).JPG

L’arbre va tomber
Les branches salissaient les murs
Rien ne doit rester
Le monsieur veut garer sa voiture
Nous, on l’avait griffé
Juste pour mettre des flèches et des cœurs
Mais l’arbre va tomber
Le monde regarde ailleurs

L’arbre va tomber
Ça fera de la place au carrefour
L’homme est décidé
Et l’homme est le plus fort, toujours
C’est pas compliqué
Ça va pas lui prendre longtemps
Tout faire dégringoler
L’arbre avec les oiseaux dedans!

Y avait pourtant tellement de gens
Qui s’y abritaient
Et tellement qui s’y abritent encore
Toujours sur nous penché
Quand les averses tombaient
Une vie d’arbre à coucher dehors

L’arbre va tomber
L’homme veut mesurer sa force
Et l’homme est décidé
La lame est déjà sur l’écorce

Y avait pourtant tellement de gens
Qui s’y abritaient
Et tellement qui s’y abritent encore
Toujours sur nous penché
Quand les averses tombaient
Une vie d’arbre à coucher dehors

L’arbre va tomber
On se le partage déjà
Y a rien à regretter
C’était juste un morceau de bois
Un bout de forêt
Avancé trop près des maisons
Et pendant qu’on parlait
L’arbre est tombé pour de bon!

Y avait pourtant tellement de gens
Qui s’y abritaient
Et toutes ces nuits d’hiver
Quand les averses tombaient
T’as dû en voir passer
Des cortèges de paumés
Des orages, des météores
Et toutes ces nuits d’hiver
Quand les averses tombaient
Une vie d’arbre à coucher dehors
À perdre le nord
À coucher dehors… à coucher dehors

Francis Cabrel

Ces arbres sont tombés, sous la tempête….Attention danger, ils penchent…. Pauvres vieux arbres près de la chapelle, ils me manquent déjà…. Eveline56

BISES BRETONNES105731892e53985

 

Et la mer et l’amour ….

  Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage, Et la mer est amère, et l’amour est amer, L’on s’abîme en l’amour aussi bien qu’en la mer, Car la mer et l’amour ne sont point sans orage. Celui qui craint les eaux qu’il demeure au … Continuer à lire … « Et la mer et l’amour …. »

 

1976-001-001-523

« Bretonne dans une barque, DENIS Maurice ,  1892

Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage

Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage,
Et la mer est amère, et l’amour est amer,
L’on s’abîme en l’amour aussi bien qu’en la mer,
Car la mer et l’amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux qu’il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu’on souffre pour aimer,
Qu’il ne se laisse pas à l’amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l’amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l’amour, sa mère sort de l’eau,
Mais l’eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l’eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j’eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

Pierre de Marbeuf   1628  « Recueil des vers de Pierre de Marbeuf».

 

1991-011-000-549
La Bretonne en noir. Henri Delavallée

 

 

adieu
Adieu, Alfred GUILLOU , 1892

 

 

Edvard_Munch_-_Melancholy_1894
Mélancolie, Edward Munch, 1891

Eveline56

 

John William Waterhouse – Miranda The Tempest 1916….. ( image à la une)

 

 

 

 

 

 

 

 

Georges Perros, écrivain et poète….

perros_a_la_mediatheque.jpg

1923 – 1978

Georges Perros a vécu cinquante-quatre ans, de Paris à Douarnenez, petit port du Finistère. Il fut comédien à la Comédie française, rédacteur pour la N.R.F., lecteur pour le TNP de Jean Vilar, et surtout écrivain….

21889793
Maison de G. Perros à Douarnenez
« J’aimerais partager avec vous quelques extraits du livre « Poèmes Bleus » de Georges Perros  » …………… Eveline56

(extraits de »Poèmes bleus » de Georges Perros….ci-après )

Respire ami et songe encore à d’autres mots
Ceux-ci câlins, mots de laine
Oiseaux sous la langue
Qui disent le printemps marin
La gentillesse armoricaine
Qui tutoie l’univers entier
A ces mots :
Forêt-Fouesnant
Lannilis
Landudal
Landevennec
Saint-Guénolé
Plouhinec
Clohars-Carnoët
Rozermeur  ……….

dsc00063-3

Tes vieilles à coiffe
Qui font du vélo sous la pluie
Mais pleut-il  vraiment en Bretagne
La légende le dit, mais quoi
Le crachin c’est une rosée
Qui vient de là-haut, qui s’enroule
Autour de nos fronts fatigués
Cela nous fait du bien à l’âme
C’est à peine si la route s’en trouve humectée
Le crachin ne va pas jusqu’à terre
Il est volatil, émulsion, neige d’été
Son bruit est doux, c’est de la ouate
Dieu se fait Breton à ce bruit
Mobile et frais….

ClaudeMonet-RaininBelle-Ile.jpg
Monet

La mer est jeune, quel âge a-t-elle
Elle est ce mur horizontal
Où s’appuyer quand rien ne va
Et rien ne va plus trop souvent
Cette béquille infatigable
Qui n’en finit pas de jeter
Sa parabole au fond des sables
Dans le coeur mat d’un coquillage
On l’entend encore chanter……….

20170217_102816

Il y a un proverbe breton
Qui dit que la poésie est plus forte
Que les trois choses les plus fortes
Le mal le feu et la tempête
Et c’est bien la poésie
Qui s’est enfoncée jusqu’à la garde
Dans la gorge de la Bretagne
De la baie Saint Michel
À Locmariaquer
Mais qu’est-ce que la poésie
Le proverbe ne le dit pas……

31-wEL28YWL._SX195_

Perros1-reduc


Mise en page 1
Correspondance avec Gérard et Anne Philipe
Georges Perros

Une vie ordinaire
roman- poème

 On m’a bien dit que j’étais né
mais de si drôle de façon
je me méfie des gens qui m’aiment
sans trop pouvoir faire autrement
bref j’attends confirmation
de cet événement suspect
rien ne m’ayant encore donné
l’enviable sensation
d’être tout à fait là sur terre
plutôt que dépendant d’un ciel
qui change souvent de chemise
bien plus que moi.
N’importe allons
Je suis pour le discours humain
Je suis pour la moitié de pain
Le désespoir c’est de se taire
Et si mon langage vous pèse
quoique si léger si fuyant
rien de plus facile à votre aise
que de jeter ce livre au vent.

*


Vivre est assez bouleversant
quoique médisent nos sceptiques
De quoi demain sera-t-il fait
ô plus on va plus on le sait
car enfin le jeu perd sa mise
et les dés meurent dans nos mains
Porte de plus en plus étroite
qu’il est maigre notre destin
pour y trouver de quoi le fuir

*


J’ai force suffisante en moi
pour me lever chaque matin
le dur est de s’acclimater
à nouveau après cette halte
en luminosité lunaire
où le rêve tisse une toile
que l’on déchire dans la rue

Pas à pas ramendons filet
de notre vie imaginaire

Gallimard, 1967



L’âme à la mer ……….

2016-28-10--12-01-34 (Copier).jpeg

« Quand du sein de la mer profonde,
Comme un alcyon dans son nid,
L’âme Bretonne vint au monde
Dans son dur berceau de granit,
C’était un soir, un soir d’automne,
Sous un ciel bas, cerclé de fer,
Et sur la pauvre âme Bretonne
Pleurait le soir, chantait la mer. »

Charles Le Goffic

Mes photos mises en tableau pour colorer ce poème : « La complainte de l’Âme Bretonne ». Je pense très fort aux absents qui nous manquent chaque jour , en ce week end de toussaint.

2016-28-10--21-53-40 (Copier) (Copier).jpeg

 

 

23h10 : le ciel Breton

 

2016-01-7--23-05-422016-01-7--23-04-53.jpeg

2016-01-7--23-04-02.jpeg
je ne résiste pas au plaisir de partager ces quelques photos du ciel.

Bon week end !

 

 

Un soir que je regardais le ciel

Elle me dit, un soir, en souriant :
– Ami, pourquoi contemplez-vous sans cesse
Le jour qui fuit, ou l’ombre qui s’abaisse,
Ou l’astre d’or qui monte à l’orient ?
Que font vos yeux là-haut ? je les réclame.
Quittez le ciel; regardez dans mon âme !

 Victor HUGO

 

« Marv eo ar gwez »

DSC00051 (Copier)

L’arbre mort

Je connais, au fond d’une anse
Où sa maigre forme danse,
Un érable mort,
Mort nous raconte une histoire
De s’être penché pour boire
L’eau claire du bord.

A le voir nu comme un marbre,
L’été, parmi d’autres arbres
Verts et vigoureux,
On dirait que la nature
L’a laissé sans sépulture
Pour un crime affreux.

Plus tard quand tombent les feuilles
Quelquefois il les recueille
Au bon gré du vent ;
Supercherie enfantine
Qui lui rend un peu la mine
D’un arbre vivant.

L’hiver est plus équitable :
Comme lui, le misérable,
Ses frères sont nus,
Et l’homme qui passe ignore
Lequel sera chauve encore,
Le printemps venu.

Alphonse Beauregard

Picsart2016-18-6--16-32-56.jpeg

Enez Groe « île de Groix »

13094359_234764830221428_5820769892759813310_n

Ce matin, le Fort Bloqué et, en arrière plan, l’île de Groix ….

« Qui voit Groix voit sa joie ».

                               

On dit que l’on y voit sa joie
On dit que l’on y voit sa croix
Je parle de l’île de Groix 

Gilles Servat

« Je suis né au milieu de la mer   
Trois lieues au large
J’ai une petite maison blanche là-bas
Le genêt croît près de la porte
Et la landes couvre les alentours
Je suis né au milieu de la mer
Au pays d’Armor. »

Jean-Pierre Calloc’h