La paix de l’homme..

Il faut relever l’esprit de l’homme,
le tourner vers la conscience,
vers le beau, le juste et le vrai,
le désintéressé et le grand.

C’est là et seulement là,
que vous trouverez la paix de l’homme
avec lui-même et par conséquent
avec la société.

La grande erreur de notre temps,
cela a été de pencher, je dis même
de courber, l’esprit des hommes vers
la recherche du bien matériel.

Victor Hugo


Jean-Yves COULIOU (1916-1994), « Barques au soleil couchant »

Bonne Soirée. Amitiés

La consolation des étoiles,

Marc Chagall, «La Pendule à l’aile bleue», 1949..

LA CONSOLATION DES ÉTOILES


J’ai demandé cette nuit à une étoile
- lumière lointaine dans l’espace inhabité - :
“Pour qui brilles-tu, étoile inconnue?
Tu es si claire et belle.”

Son regard d’étoile,
a fait taire ma plainte:
“Je brille pour une nuit éternelle.
Je brille pour un espace sans vie.

Ma lumière est une fleur qui se fane
à l’automne tardif de l’univers.
Cette lumière est toute ma consolation.
Cette lumière suffit à ma consolation.”

Karin Boye romancière et poétesse suédoise 


Bonne soirée !

Eveline56 



Automne.. Pierre Coran

Automne


Quand les bois ont les cheveux courts,
La lune ceint son abat-jour
De brume pâle


Et le vent vole et le vent court
En tournoyant comme un vautour
Sous les étoiles.


Pourquoi mon cœur es-tu si lourd
Quand les bois ont les cheveux courts ?
Rivé aux cailloux de la cour


Le lierre étreint dans ses doigts gourds
Une hirondelle.


Entends-tu dans le petit jour,
Le gel affûter ses tambours
Et ses chandelles ?


Quand les bois ont les cheveux courts
Pourquoi mon cœur es-tu si lourd ?


Pierre Coran

« Pierre Coran, de son vrai nom Eugène Delaisse, (né en 1934 à Mons) est un poète et romancier belge . Lauréat du prix de la Communauté française pour le rayonnement de la littérature de jeunesse en 2007, ce grand poète de quatre-vingt-sept printemps consigne encore une pensée chaque jour – son carnet n’en totalise pas moins de trois cents. Et reste très actif, multipliant créations et publications dont on ne compte plus le nombre, tant sa bibliographie est impressionnante, comptabilisant plus de cent cinquante titres à ce jour.

Quelques photos du jardin sous la pluie, un poème de Pierre Coran.. Je vous souhaite un bel automne coloré ! Eveline56 ( photos Eveline56 )

“L’automne est une demeure d’or et de pluie.” Jacques Chessex

Rozenn Evain

« Entre mor c’hleï, la mer de gauche
Et mor diou, la mer de droite
Nous sommes au centre de l’Atlantique Océan. »

Il est une île
Encerclée de déferlantes
Qui explosent avec fracas
Contre les maisons du port
Et le cœur endurant des îliens..
Rozenn Evain

L’Île de Sein ( photos Eveline56 )


J’ai la vie


 
J’ai traqué la lune avec les augures
corbeaux fantômes chats noirs
et la barque des morts
 
 
J’ai la vie
 
 
Je pourfendrai les ombres
les frissons s’arracheront
s’arracheront
Entre les mains tu vois
sans répit j’ai la vie
 
 
J’ai une île au croisement
des feux de l’horizon
J’ai une fleur de sang
à l’encontre des marées
J’ai la vie
 
 
j’ai – j’ai
le frémissement des chants de l’océan
le fracas des rives
le plumage du fou
 
 
J’ai le silence bu
J’ai deux oiseaux blancs
et le souffle pour la traversée
 
 
J’ai la vie
 
 
 
Rozenn EVAIN (- février 2012)
« A la lisière du rêve » Rosenn Evain
Sous la lune à moitié
 
La nuit, le phare embrasse les étoiles
Je suis le souffle dans les herbes
Sous la lune à moitié
Je suis devant derrière sur les côtés,
Dessus dessous
Respiration des vagues
Sous la lune à moitié
 
Le phare retourne sa face cachée
Au grand large d’ouest
Je suis semblable aux galets
Dans l’obscurité
La lune à moitié
N’espère pas plus que moi
Les vagues se répondent,
Se chahutent, se repoussent, s’enlacent
 
Le phare balaie les étoiles
Ar Men, Créac’h, la Jument, Kéréon
Saint Mathieu, Tévennec, Ar Groac’h,
La Plate et les Chats,
Forment les contours de notre cœur éclairé
 
Je suis la lune à moitié
Semblable aux herbes brûlées
Sans frontière, je suis le vent
Je circule dans les veines dures
Des galets
 
 
 
Rozenn EVAIN
L’Île de Sein ( photos Eveline56 )

je ramasse les mots

Le soleil se dresse
et la tête lui tourne
il coule en fontaine
sur le miroir incendié
 
le temps au loin
s’endort devant lui
 
irradié
 
l’air a la couleur
d’un fauve
dans un palais
 
les mains se lavent
dans les nuages impossibles
 
les pierres se perdent
au fond de la mer
 
seules
les peines surnagent
 
je ramasse les mots
tombés
dans les interstices
du plancher
en espérant en trouver un
qui me console



 Rozenn EVAIN
« À la lisière du rêve » Rozenn EVAIN
L’Île de Sein ( photos Eveline56 )

Je suis heureuse de vous présenter  Rozenn EVAIN, artiste de grand talent qui a vécu son enfance et son adolescence à l’île de SEIN et à l’île Molène dans le Finistère.

Elle a toujours ressenti la nécessité d’une activité artistique, la peinture et surtout l’écriture, « les couleurs, les odeurs, les sensations, les rires et les peurs, la vie et la mort en traversées et métamorphoses », comme elle l’exprime si bien dans son art.

Sa poésie me bouleverse, l’âme bretonne est bien là, dans ses mots.

« Des jours, des nuits à oublier
L’existence du silence
« 

Je vous souhaite une belle semaine automnale 🌦 Eveline56


photos Eveline56

En octobre 2012, paraît « Le bruit de fond de la mer » aux éditions Sac à Mots.

En décembre 2020, « L’île, des jours durant » aux éditions du Passavant.

 Rozenn EVAIN

Solitude des latitudes..

Solitude des latitudes
Se glisse dans tes draps
Solitude
Ce soir te quittera
Solitude
Solitude

La nuit semble douce et magique
Ça ressemble aux Amériques
Ce qu'on lit quand on est enfant
Belliou-la-Fumée, Croc blanc
La nuit semble douce et tranquille
Mais tu trembles, que t'arrive-t-il ?
Solitude et feu qui s'éteint
Coup de feu dans le lointain

Solitude des latitudes
Se glisse dans tes draps
Solitude
Ce soir te quittera
Solitude des longitudes
Solitude

La nuit semble douce et tranquille
Ça ressemble à une ville
Dont on rêve quand on est enfant
Carthage et ses éléphants
La nuit semble douce et pourtant
Tu te réveilles de temps en temps
Solitude et feu qui s'éteint
Coup de feu dans le lointain

Te glisse entre les doigts
Solitude...

 Paroles et musique: Gérard Manset, 1989. 


 
Solitude des latitudes (Remasterisé en 2016)

J’aimerais partager avec vous cette semaine une magnifique chanson « Solitude des latitudes » extraite de l’album de Gérard Manset paru en 1989 : Matrice. Cet artiste atypique, dans une démarche hors système, a écrit des textes pour les plus grands ( Bashung « , Julien Clerc etc ). En attendant son nouvel album  » Le crabe aux pinces d’homme », voici « Solitude des latitudes » à écouter pour la poésie du texte, la magie de la voix, le rêve, les frissons.. »

La nuit semble douce et tranquille Mais tu trembles, que t’arrive-t-il ? »

Douce semaine.. Eveline56

Paru le 09/09/2022

Acquis, par Dominique Ané

J’ai chaque jour une idée plus nette
de ce qui se perd en chemin..

Je retiens peu des jours passés
et je veux bien
retenir encore moins

Mais qu’on n’en déduise pas
que je n’ai rien appris

J’ai chaque jour une idée plus nette
de ce qui se perd en chemin

Dominique Ané
« Le présent impossible »

Salvador Dali, La Persistance de la Mémoire, 1931.

Je vous souhaite une belle semaine ! Eveline56


illustrations satiriques..

"Pawel Kuczynski utilise l’art pour dénoncer les problèmes auxquels notre société fait face, à travers de brillantes illustrations satiriques, la triste réalité économique, sociale et politique de notre monde. Ses œuvres engagées reflètent sinistrement la société dans laquelle nous vivons.

Pawel Kuczynksi est un artiste polonais né en 1976. Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Poznan, il a focalisé son travail sur la dénonciation satirique à travers ses illustrations à partir de 2004. Depuis,Pawel collectionne les prix et les récompenses." Ouest-France



 pawelkuczynski.com


Œuvres de Parwel Kuczynski :

« Je suis observateur. J’aime observer les gens et les relations entre eux. J’essaye seulement de dire ce que je vois.

Je n’essaye pas de changer quoi que ce soit, mais je suis heureux, quand les gens aiment mes œuvres et quand ils trouvent des idées importantes … et après cela, ils commencent à penser au changement nous-mêmes.

Certains disent que ce sont les dessins surréalistes. Mais je pense que je suis un illustrateur réaliste de notre époque … de notre époque surréaliste. » Pawel Kuczynski




"J'ai choisi les œuvres de Pawel Kuczynski qui nous dévoilent l’usage abusif des nouvelles technologies..  
Alarmant.. Inutile de parler, il suffit de regarder! 

Je vous souhaite une belle semaine 📘 « 

Eveline56


Premier recueil de poésie, Dominique A..

Mes livres se sont envolés
une fois dans leur vie de livres
ils auront quitté la terre ferme

Dans un virage
ils se sont écrasés au sol
certains sont écornés

J’ai presque l’impression
d’entendre l’un d’eux dire
« J’ai mal »

Pourvu qu’on n’apprenne pas
que les objets souffrent aussi
pourvu qu’on n’apprenne pas

Dominique Ané

Mots sans la musique

Mes mots sans la musique
cherchent les cailloux sur le sol

cherchent la forêt

Le terrain est nu
le sol ras, comme usé

Ils croisent la route
d’autres qui leur ressemblent tant
qu’on pourrait les confondre

ils ne sont bientôt plus très sûrs
de m’appartenir

et je ne peux rien promettre
pour les en convaincre
aucun vêtement chaud
aucune oreille

Ils se défient de moi
n’ont aucune confiance
envers le chemin pris

et ils craignent jusqu’aux regards
qui pourraient les sauver

Alors je les prends à part
un par un
et je supplie chacun
d’accueillir un secret

Dominique Ané

Le premier recueil de poésie de Dominique A

Illustrations Edmond Baudoin

DOUCE SEMAINE …. Eveline56

Premier recueil de poésie, Dominique A..

Bonne nuit ! Noz vat !

Évanescence

Quand le vent souffle le bal
Sur les landes armoricaines
Et que sa mélodie s’emballe
En orchestrant les pollens
Tel un arc-en-ciel végétal
Au parfum des sept couleurs
La bruyère des bords de mer
Mêlée aux cerisiers en fleurs
C’est un air qui réverbère
Les reflets de l’esprit rêveur

Stephen Moysan.

Extrait de La mélodie citée du silence

BIZH

Laissons filer ..

«  Habiter poétiquement le monde  » dit Arthur Teboul, c’est le message que j’aimerais partager avec vous cette semaine, laissons le lyrisme entrer dans notre vie.. Eveline56

Feu! Chatterton : Palais d’argile Date de parution mars 2021

Dis, quelle heure est-il ? Le jour me fend, pourtant je sens qu’il est en bout de course
Ah, dis, quelle heure est-il ? Le jour me fend mais doucement
Que trouveras-tu dans le jeu rebattu des cartes du matin?
Un fou, une dame, un chien ou rien d’autre qu’un destin

le sens des choses se dérobe comme l’eau dans la main
Laissons donc, laissons filer des yeux la raide loi souveraine
Ni sable dans le vent, laissons couler

Le sens des choses nous échappe comme l’eau dans la main
Laissons venir, retrouvons la nature des choses
Qu’on appelait par leur nom secret parfois
Souviens-toi des métamorphoses qu’on vivait autrefois

Laisse, laisse-toi porter
Fais comme le sable et le vent
Retrouve la vérité nue
Et tous les éléments

Laisse, laisse-toi porter
Sois comme le sable et le vent
Retrouve la vérité nue
Et tous les éléments

Laisse couler
Laisse filer
Laisse couler
Laisse couler
L’eau fugitive

Alors je m’abandonne aux signes insensés de la ville
De la ville sinueuse
Je deviens loup des métamorphoses, le sable et la rose
Tout pantelant
Mais j’suis pas fou pour un sou
Non, j’suis pas fou pour un sou

J’t’emmène danser sur la ligne de l’horizon
Ouais, j’t’emmène valser sur la ligne de l’horizon
Puis j’t’envois promener, y a rien à faire à Paris
Mais j’suis pas fou pour un sou
Non, j’suis pas saoul pour un fou

J’rends juste à l’espèce, la monnaie de sa pièce
J’me promène, j’te l’promets, j’me balade en palabres
En mots d’homo sapiens malade
J’me promène, j’te l’promets, j’fais pas l’aumône
J’rends juste à l’espèce, la monnaie de sa pièce

Photos Eveline56 (soir du19/07/ 2022 )

Laisse, laisse-toi porter
Fais comme le sable et le vent
Retrouve la vérité nue
Et tous les éléments

LAISSE LAISSE TOI PORTER
FAIS COMME LE SABLE ET LE VENT
RETROUVE LA VÉRITÉ NUE
DE TOUS LES ÉLÉMENTS

Feu Chatterton