« Pour ceux qui savent que Quasimodo a existé, Notre-Dame est aujourd’hui déserte, inanimée, morte. On sent qu’il y a quelque chose de disparu. Ce corps immense est vide ; c’est un squelette ; l’esprit l’a quitté, on en voit la place, voilà tout. C’est comme un crâne où il y a encore des trous pour les yeux, mais plus de regard. »
L’Histoire: Claire est médecin dans un hôpital parisien. Un jour, un nouveau patient est admis dans son service, qui demande à la voir. Elle reconnaît alors Dominique, un ancien amant. Cette présence la bouleverse : la maladie de Dom, déjà très avancée, met en échec ses qualités de médecin, et fait resurgir les circonstances de leur rencontre. Quinze ans plus tôt, Claire est partie à Marseille avec son amie Manu, travailler dans le théâtre associatif que dirigeait Dominique. Au milieu d’un groupe d’enfants occupés à apprivoiser la scène et embarqués dans une adaptation tumultueuse de La Tempête de Shakespeare, les deux amies sont troublées par une silhouette fragile : celle d’une petite fille marginale, aussi inquiète dans sa famille que parmi les autres enfants, qui semble les appeler à l’aide. Mais la joie de l’été, la découverte du désir, le cercle des silences coupables les empêchent de prendre conscience du drame qui est en train de se nouer.
Extrait: « Des vingt enfants dont nous avions la garde, je commence à revoir certains traits, leurs dégaines. Je me répète certains prénoms qui me reviennent, Antoine ou Bastien, et Marcel, et Farid. Léa, Louise. Les noms de famille ayant pour ainsi dire à peine existé dans ce cercle de quelques semaines que nous avions tracé au Théâtre d’Été, à Marseille, l’été 2000. »
Cloé Korman est née en 1983 à Paris. Elle a étudié la littérature, en particulier la littérature anglo-saxonne, ainsi que l’histoire des arts et du cinéma. Son premier roman, Les Hommes-couleurs (Seuil, 2010) a été récompensé par le prix du Livre Inter et le prix Valéry Larbaud. En 2013, elle publie au Seuil, Les Saisons de Louveplaine.
Mon avis: Cloé Korman nous parle de Claire, qui un certain été sous le soleil de Marseille, est confrontée au destin d’une petite fille en grande souffrance. Quinze ans après viennent les remords… J’ai été bouleversée par ce livre, par l’impuissance de cette jeune fille et de son amie devant l’indifférence des adultes. Je vous le conseille vraiment !
Conservé à Douarnenez depuis 2012, le fonds d’atelier de Michel Thersiquel comprend près de 70 000 clichés. Cette première grande exposition depuis la disparition du photographe en 2007 met en lumière la diversité de son œuvre. « Ce ne sont ni les paysages sublimes de la Bretagne, ni les portraits modelés dans la matière humaine qui tiennent la vedette. Non, et pourtant… les stars ce sont les gens ordinaires, les gens de peu, les obscurs, les sans-grades. Paysans ramassant les pommes de terre à genoux dans leur champ, ligneurs brandissant le bar remonté de haute lutte, patronne de bistrot faisant le lien social devant un calendrier des Postes. Cette Bretagne au travail, dans les petits métiers que Thersiquel mettait « en gloire » comme personne d’autre. L’envers d’un décor de cartes postales pour touristes pressés. à l’époque du « touch’nd go », où on picore de-ci de-là à la superficie des choses, Thersiquel savait arrêter le temps. Le temps qu’il faut pour établir des relations de confiance. Pas d’instantanés volés, mais des tranches de vie reconstruites avec la compréhension complice d’un frère, Michel. »
Une exposition coproduite par la Ville de Quimperlé et le Port-musée de Douarnenez. Association des Amis de Michel Thersiquel
« Cette semaine, je partage avec vous les photos emplies d’humanité de Thersiquel. Son exposition m’a rappelé des souvenirs, des moments d’enfance, des réminiscences de ce que me racontait mes grands-parents, mes parents lors des repas de famille. Telle était la Bretagne du temps passé, dure comme le granit, magnifiquement et douloureusement saisi par Michel Thersiquel. »
Quelle belle rencontre cet après midi, une coccinelle dormait entre deux feuilles d’une plante du jardin. J’ai réussi quelques photos de cette merveilleuse dame de l’écologie sans la déranger. Je partage avec vous cet instant de bonheur…. Eveline56
La Coccinelle
Elle me dit : « Quelque chose Me tourmente. » Et j’aperçus Son cou de neige, et, dessus, Un petit insecte rose.
J’aurais dû, — mais, sage ou fou, À seize ans, on est farouche, — Voir le baiser sur sa bouche Plus que l’insecte à son cou.
On eût dit un coquillage ; Dos rose et taché de noir. Les fauvettes pour nous voir Se penchaient dans le feuillage.
Sa bouche fraîche était là ; Je me courbai sur la belle, Et je pris la coccinelle ; Mais le baiser s’envola.
« Fils, apprends comme on me nomme, » Dit l’insecte du ciel bleu, « Les bêtes sont au bon Dieu, Mais la bêtise est à l’homme. »
Paris, mai 1830.
Victor Hugo, Les Contemplations (I), 1856
la coccinelle est “bête à bon dieu”
La légende du Xème siècle : Un homme accusé de meurtre est condamné à avoir le coup tranché. Il proteste de son innocence en vain et le bourreau s’apprête à abattre sa hache quand il aperçoit une coccinelle posée sur le cou du condamné. Le bourreau retire gentiment la coccinelle et attrape sa hache pour œuvrer mais la coccinelle est de retour. Le bourreau a beau insister pour la déplacer, la coccinelle revient obstinément se poser sur le cou du condamné. A tel point que le roi voit là un miracle divin et donne sa grâce. Quelques temps plus tard le véritable meurtrier fut découvert et la légende de la bête à bon dieu était née.
Hirondelle qui vient de la nue orageuse Hirondelle fidèle, où vas-tu ? dis-le-moi. Quelle brise t’emporte, errante voyageuse ? Écoute, je voudrais m’en aller avec toi,
Bien loin, bien loin d’ici, vers d’immenses rivages, Vers de grands rochers nus, des grèves, des déserts, Dans l’inconnu muet, ou bien vers d’autres âges, Vers les astres errants qui roulent dans les airs.
Ah ! laisse-moi pleurer, pleurer, quand de tes ailes Tu rases l’herbe verte et qu’aux profonds concerts Des forêts et des vents tu réponds des tourelles, Avec ta rauque voix, mon doux oiseau des mers.
Hirondelle aux yeux noirs, hirondelle, je t’aime ! Je ne sais quel écho par toi m’est apporté Des rivages lointains ; pour vivre, loi suprême, Il me faut, comme à toi, l’air et la liberté.
Louise MICHEL
« L’hirondelle rustique est reconnaissable à sa belle gorge rouge brique, son dos couleur ardoise et son ventre blanc. Sa longue queue se termine par des filets.
je pense que c’est elle que j’ai rencontrée dans mon jardin hier. Je l’ai photographié de ma fenêtre, discrètement, sans oser bouger… Un peu flou parmi les primevères et les azalées. »
Les mots sombres et magnifiques de XAVIER GRALL, les peintures Land’s End de Matthieu Dorval, ainsi se rejoignent les poètes et les peintres de Bretagne…
Eveline56
Les marins
Les vieux de chez moi ont des îles dans les yeux Leurs mains crevassées par les chasses marines Et les veines éclatées de leurs pupilles bleues Portent les songes des frêles brigantines
Les vieux de chez moi ont vaincu les récifs d’Irlande Retraités, usant les bancs au levant des chaumières Leurs dents mâchonnant des refrains de Marie-Galante Ils lorgnent l’horizon blanc des provendes hauturières
Les vieux de chez moi sont fils de naufrageurs Leurs crânes pensifs roulent les trésors inouïs Des voiliers brisés dans les goémons rageurs Et luisent leurs regards comme des louis
Les vieux de chez moi n’attendent rien de la vie Ils ont jeté les ans, le harpon et la nasse Mangé la cotriade et siroté l’eau-de-vie La mort peut les prendre, noire comme la pinasse
Les vieux ne bougeront pas sur le banc fatigué Observant le port, le jardin, l’hortensia Ils diront simplement aux Jeannie, aux Maria « Adieu les belles, c’est le branle-bas »
Et les femmes des marins fermeront leurs volets
XAVIER GRALL (1930-1981)
« L’Océan de l’Ouest » Matthieu Dorval
Solo Solo de mes noyades solo de mes sanglots j’agite des violons brisé sur mes amours mortes mes barques chavirées accrochent des grelots aux chagrins sourds qui lentement m’emportent…
Xavier Grall
« Nos rêves sur les vagues » Matthieu Dorval« Exil au-dessus des eaux » Matthieu Dorval
Albert Jacquard, né le 23 décembre 1925 à Lyon et mort le 11 septembre 2013 à Paris, était un biologiste, généticien et essayiste français. Scientifique de haut niveau, Albert Jacquard est l’auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique ou d’essais dans lesquels il cherchait à diffuser une pensée humaniste moderne pour faire évoluer la conscience collective.
« La morale collective actuelle nous fait croire que l’important c’est de l’emporter sur les autres, de lutter, de gagner. Nous sommes dans une société de compétition. Mais un gagnant est un fabricant de perdants.
Il faut rebâtir une société humaine où la compétition sera éliminée. Je n’ai pas à être plus fort que l’autre. Je dois être plus fort que moi grâce à l’autre. »Albert Jacquard
Dessin de Burki
« Ceux qui prétendent détenir la vérité sont ceux qui ont abandonné la poursuite du chemin vers elle. La vérité ne se possède pas, elle se cherche »Albert Jacquard
Cette semaine, je réfléchissais à ce monde de compétition que l’on nous impose dès l’enfance. Difficile d’être heureux et de trouver son chemin dans ces conditions; ce n’est que mon humble avis, pas la vérité, je cherche 🤷♂️🤦♂️ 🤔…… Moi, Je rêve d’un monde où chacun serait valorisé dans un domaine intellectuel ou (et) manuel tout au long de sa vie, la clé du bonheur ! » Eveline56 💟 Bises !
Cette semaine, je partage avec vous cette magnifique et si émouvante chanson de Brassens « Les passantes« . Les paroles sont du poète Antoine Pol. L’histoire de cette chanson est étonnante et belle:
« L’un des grands regrets de Georges Brassens fut de n’avoir pas pu rencontrer Antoine Pol. Brassens avait contacté le poète pour lui demander l’autorisation de mettre son poème « Les Passantes » en musique. Le poète accepta mais mourut une semaine avant la date de la rencontre ! Antoine Pol ne figure pas dans les anthologies, mais son superbe texte » Les Passantes » est devenu mondialement connu. Antoine Pol est connu pour un poème: Les Passantes . Ce poème fit à lui seul sa notoriété. Il ne nous serait peut-être jamais parvenu si Georges Brassens ne l’avait déniché un jour de 1947 au marché aux puces. Il est tiré des « Emotions poétiques.
Je veux dédier ce poème A toutes les femmes qu’on aime Pendant quelques instants secrets A celles qu’on connaît à peine Qu’un destin différent entraîne Et qu’on ne retrouve jamais
A celle qu’on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s’évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu’on en demeure épanoui
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu’on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu’on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main
A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d’un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D’un avenir désespérant
Chères images aperçues
Espérances d’un jour déçues
Vous serez dans l’oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu’on se souvienne
Des épisodes du chemin
Mais si l’on a manqué sa vie
on songe avec un peu d’envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu’on n’osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu’on n’a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l’on n’a pas su retenir Antoine Pol en 1913.
J’ai choisiJean Béraud, peintre du Paris de la Belle Époque , pour évoquer ces passantes. Belle et douce semaine. Bises bretonnes!
« j’aimerais partager avec vous mes photos de ce matin, vent, pluie, ciel gris, ciel bleu, telle est ma Bretagne »…Eveline
Le Courégant, ce matin…Pour moi, tout se déroulait à l’ouest et sur l’océan. Je n’avais que ces mots à la bouche : l’océan, le vent, l’ouest, Yann Queffélecl’île de Groix, à l’horizonOn dit que l’on y voit sa joie, On dit que l’on y voit sa croix, Je parlais de l’île de Groix, Gilles ServatDe l’endroit où je suis On voit les bras de mer, Qui s’allongent puis renoncent A mordre dans la terre, Yann Tiersen
Le vent vert reviendra, faire respirer mon cœur blessé, Je serais poussé selon son souffle, Vite et loin en un autre pays, Je serais emporté par son souffle Loin d’ici selon ses désirs Selon ses désirs loin du monde, Entre la mer et les étoiles. Denez (irvi)
Drame de l’été 44, chapelle du Cloître de Quistinic, 11 blessés et deux soignantes furent exécutés par l’armée nazie. Le rouge représente le sang des victimes sur le chemin…
Samedi 2 février, j’ai eu la chance de rencontrer l’artiste breton Ange Le Bruchec lors de sa « Rétrospective à l’Espace culturel Passe Ouest » à Ploemeur. Né à Quistinic en 1932, Ange Le Bruchec est le peintre de « l’instant présent, de l’instant de vie, ce qui lui offre la beauté en toute chose, le merveilleux, tout autant que la tragédie humaine » (p.3 du joli catalogue d’exposition).
Ange Le Bruchec, avec son humilité et sa gentillesse, nous a parlé de ses toiles, de ses inspirations, de ce qui nourrit son travail d’artiste. C’est au cours de cet échange que j’ai eu la surprise de découvrir qu’il avait vu et apprécié ma note du blog sur son œuvre, publiée il y a quelque temps déjà. J’ai pu lui exprimer mon admiration, mon ressenti face à ses toiles. Notre discussion s’est ensuite portée sur la complexité de ce monde où l’argent et la possession priment sur l’émotion et le partage. Merci M. Le Bruchec !
Je vous ai choisi quelques toiles de cette « Rétrospective à l’Espace culturel Passe Ouest » qui m’ont touchées :
« Toile évoquant le Chemin menant vers Saint Jacques de Compostelle..«
« Souffrances et solitude du migrant.. »
« Toile évoquant le départ de son père vers la Lumière.. »
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