La rivière s’écoule avec lenteur. Ses eaux Murmurent, près du bord, aux souches des vieux aulnes Qui se teignent de sang ; de hauts peupliers jaunes Sèment leurs feuilles d’or parmi les blonds roseaux.
Le vent léger, qui croise en mobiles réseaux Ses rides d’argent clair, laisse de sombres zones Où les arbres, plongeant leurs dômes et leurs cônes, Tremblent, comme agités par des milliers d’oiseaux.
Par instants se répète un cri grêle de grive, Et, lancé brusquement des herbes de la rive, Étincelle un joyau dans l’air limpide et bleu ;
Un chant aigu prolonge une note stridente ; C’est le martin-pêcheur qui fuit d’une aile ardente Dans un furtif rayon d’émeraude et de feu.
Au creux d’un coquillage Que vienne l’heure claire Je cueillerai la mer Et je te l’offrirai.
Y dansera le ciel Que vienne l’heure belle. Y dansera le ciel Et un vol d’hirondelle Et un bout de nuage Confondant les images En l’aurore nouvelle Dans un reflet moiré Dans un peu de marée Dans un rien de mirage Au fond d’un coquillage.
Et te les offrirai.
Esther Granek (1927-2016) Je cours après mon ombre
« c’est avec un beau coucher de soleil sur l’océan que je vous souhaite une belle semaine. » Eveline56
« J’aimerais partager avec vous mon bonheur d’avoir pu assister au concert d’un artiste que j’admire énormément, depuis toujours, et dont je vous ai parlé sur le blog à de nombreuses reprises, le plus helvète des poètes francophones : Stephan Eicher. Le grand théâtre de Lorient affichait complet depuis longtemps déjà. 1050 spectateurs qui ont vibré à l’unisson, reprenant en chœur les nouveaux titres comme les grands classiques, qu’il a chanté avec une générosité affichée face à son public. A son image, le décor représentait trois armoires suisses qui se sont ouvertes peu à peu, tout comme cette petite trompette se baladant au dessus de la scène, offrant une magie incroyable. L’émotion était là, nous nous sommes tous levés pour saluer l’immense talent de Stephan Eicher. » Eveline56
« Depuis quelques jours, de drôles de petits bonhommes à chapeaux sont apparus dans le jardin, ils se cachent parfois sous les plants, les fleurs !!!! On les nomme, je crois, marasmius oreades ou faux mousseron. Qu’importe, ils me plaisent beaucoup ces messieurs sur leurs pieds-durs, pas question de les déguster 😄…. » Eveline56
« J’ai couru pour rester un petit garçon qui joue avec son bateau. Et dans les histoires d’enfants, la mort n’a pas de place. Ou alors elle est faite pour rire. On fait pan-pan ! Et hop, on se relève. »
Olivier de KERSAUSON ( Promenades en bord de mer et étonnements heureux )
« J’aimerais partager avec vous mes dernières photos de l’océan encore calme et ensoleillé mais aussi cette phrase d’Olivier de Kersauson qui nous fait rêver car aujourd’hui des enfants meurent « pour de bon » en ce monde d’extrême violence. Moments de tristesse et parfois de désespoir » Eveline56 😪
Au village où le deuil a frappé l’église rassemble les visages ils sont plus vrais que leurs journées ils sont endimanchés de vérité accueillants comme au soir des extrêmes fatigues ils sourient car ils ont besoin que l’on vienne vers eux toute arme déposée toute idée tamisée par le silence du parvis labeur et chagrin montent à leurs yeux comme jamais ils sont encore capables de donner ce qu’ils ont perdu ou n’ont jamais eu ils sont soudainement plus grands que nous on imagine leur maison et le lointain de leur maison comme une halte en paradis on s’éloigne sans les quitter homme et femme liés d’invincible et de patience
Gilles LadesOuvrière durée, Le Silence qui roule, 104 p., 15 €
Visite du Faouët où je me laisse captiver par le charme des vieilles pierres de la chapelle gothique Sainte-Barbe (XVe siècle) ! Bonne semaine ! BISES 💙 🐿️
Sa légende :
A la fin du XVème siècle, le cadet des seigneurs de Locmalo, Jean de Toulbodou quitte son manoir de Guidfoss en Plouray pour aller chasser. Alors qu’il se trouve sur les terres de Jean de Boutteville, seigneur du Faouët, il se fait surprendre par un orage d’une rare violence. Les gigantesques rochers qui l’entourent sont frappés par la foudre. Des quartiers de roches se détachent de la paroi verticale. Gagné par une extrême frayeur, Jean de Toulbodou voit sa fin approcher et prie alors Sainte Barbe, ordinairement invoquée pour se protéger du feu et de la foudre. Il lui promet, si elle le sauve, de lui ériger une chapelle en ce lieu. L’orage prend fin soudainement, Jean de Toulbodou est exaucé. Fidèle à sa promesse, il entreprend la construction de cette chapelle le 6 juillet 1489 en cet endroit si exigu. Elle s’achèvera en 1512.
Et pourtant c’était toi dans le clair de ma vie
Ce grand tapage matinal qui m’éveillait
Comme un oiseau dans la tête Le sang s’est mis à chanter Des fleurs naissent, c’est peut-être Que mon corps est enchanté
Que je suis lumière et feuilles Le dormeur des porches bleus L’églantine que l’on cueille Les soirs de juin quand il pleut
Dans la chambre un ruisseau coule Horloge au caillou d’argent On entend le blé qui roule Vers les meules du couchant
L’air est plein de pailles fraîches De houblons et de sommeils Dans le ciel un enfant pêche Les ablettes du soleil
C’est le toit qui se soulève Semant d’astres la maison Je me penche sur tes lèvres Premiers fruits de la saison.
René-Guy CADOU, Hélène ou le règne végétal, Paris, Seghers 1952
Un des plus beaux chants d’amour de la poésie française !
Je t’attendais ainsi qu’on attend les navires Dans les années de sécheresse, quand le blé Ne monte pas plus haut qu’une oreille dans l’herbe Qui écoute apeurée la grande voix du temps
Je t’attendais, et tous les quais toutes les routes Ont retenti du pas brûlant qui s’en allait Vers toi que je portais déjà sur mes épaules Comme une douce pluie qui ne sèche jamais
Tu ne remuais encor que par quelques paupières, Quelques pattes d’oiseaux dans les vitres gelées Je ne voyais en toi que cette solitude Qui posait ses deux mains de feuille sur mon cou
Et pourtant c’était toi dans le clair de ma vie Ce grand tapage matinal qui m’éveillait Tous mes oiseaux tous mes vaisseaux tous mes pays Ces astres ces millions d’astres qui se levaient
Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres Pétillaient dans le soir ainsi qu’un vin nouveau, Quand les portes s’ouvraient sur des villes légères Où nous allions tous deux enlacés par les rues
Tu venais de si loin derrière ton visage Que je ne savais plus à chaque battement Si mon cœur durerait jusqu’au temps de toi-même Où tu serais en moi plus forte que mon sang.
Extrait de: 1951: Hélène ou le Règne Végétal, (Seghers)
Derniers jours d’août, bientôt la rentrée.. peut-être le bon moment pour partager avec vous ces magnifiques poèmes d’amour de René Guy Cadou, le poète enseignant, dédié à Hélène la femme de sa vie… Douce semaine, Eveline56
« J’avais 2 passions, mon métier de sage-femme et l’aquarelle. Désormais en retraite, il me reste plus de temps pour l’aquarelle elle me procure évasion, liberté et créativité et l’explosion de toutes ces sensations dans mon expression. Ces 2 piliers complémentaires sont aussi interactifs et ont capté mon énergie : la vie, les éléments. Je puise dans ma région la Bretagne une envie forte de représenter la vie, le mouvement. » Annyvonne Cavarec
les voiliers majestueux sur l’océan..
Félicitations à Annyvonne Cavarec pour ses splendides aquarellesqui m’ont enchanté , merci pour ce si beau moment face à vos œuvres ! » Eveline56
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